L'infectiologue Yazdan Yazdanpanah, responsable à l'hôpital Bichat, a exprimé son soulagement ce mercredi à la suite des premières évaluations concernant une éventuelle mutation du hantavirus. Selon lui, les données initiales ne soumettent pas de résultats inquiétants.
Alors que des craintes se font jour autour d'une mutation du hantavirus de la souche Andes, Yazdan Yazdanpanah a déclaré sur franceinfo : "Ce qu'on a aujourd'hui, c'est rassurant". En tant que directeur de l'ANRS Maladies infectieuses émergentes et chef de service à l’hôpital Bichat à Paris, il a confirmé que les analyses génétiques réalisées par des équipes suisses et françaises à l’Institut Pasteur n’avaient pas révélé d'éléments alarmants pour le moment. "Nous n'avons pas encore l'ensemble de la séquence. Mais ce que l'on a, c'est rassurant", a-t-il ajouté.
Cependant, il insiste sur l'importance d'une telle mutation : "C'est un élément très essentiel. Avec un virus connu, on cherche à savoir s'il a évolué". L'hantavirus a été identifié depuis plus de trente ans, et, comme le souligne le médecin, "les virus ne mutent pas tous de manière identique...Globalement, selon les virologues, l'hantavirus semble stable".
La patiente atteinte toujours en réanimation
Cinq Français évacués d'un navire de croisière par mesure de précaution sont admis à l’hôpital Bichat. L'une des personnes a été testée positive et son état s'est rapidement aggravé, la plaçant en réanimation. Les autres, pour l'instant tests négatifs, sont suivis dans le cadre des protocoles de l'OMS, précisent les médecins. "Nous testons tous les deux jours", souligne Yazdan Yazdanpanah, en espérant que d'autres résultats ne se positivent pas. Dans ce cas, les patients seraient isolés et suivis de près.
Parmi le personnel soignant, des inquiétudes se font sentir ; néanmoins, le professeur appelle à la sérénité : "Il faut rester calme". Une réunion d’information est prévue à l’hôpital pour rassurer les équipes, tandis que des messages sont diffusés pour tenir le personnel informé. Au niveau européen, Yazdan Yazdanpanah assure que les efforts de coordination dans la lutte contre l'hantavirus s'intensifient. "On s'organise, on communique efficacement avec l’OMS pour structurer notre réponse".
Face à la recrudescence de la désinformation en ligne, semblable à celle observée durant l'épidémie de Covid-19, les autorités sanitaires renforcent également leur vigilance. "Un groupe de travail sur l’infodémie a été formé, en partenariat avec l’ANRS, l’Inserm, le CNRS, Sciences-Po, et l’Institut Pasteur, en lien avec les médias", a-t-il précisé. C'est un sujet préoccupant, revêtant un enjeu majeur dans la gestion de la santé publique.







