Lancé à la fin des années 2010, le projet Remmoa (Recensement de la Mégafaune Marine par Observation Aérienne) vise à évaluer l’état de la biodiversité dans les territoires ultramarins. L’équipe de chercheurs de La Rochelle se concentre sur une observation minutieuse des espèces et des effets des activités humaines sur les zones marines. En 2011, une première série d’images avait déjà été prise en survol de la Polynésie française pour documenter la grande faune marine locale, comprenant mammifères, oiseaux et autres créatures marines.
Cette année, la mission Remmoa II s'est déroulée entre le 3 février et le 16 mai, suivant le même protocole pour un nouvel échantillonnage de la faune marine polynésienne. Quinze scientifiques, incluant de jeunes chercheurs locaux, ont participé à cette aventure. Sophie Laran, chercheuse chez Pelagis, a évoqué l’harmonie et le partage d’expertise entre générations. La première semaine a été dédiée à la formation des membres de l’équipe sur l'identification des animaux vus du ciel.
Pour réaliser cette mission, deux petits avions ont été déployés pour couvrir 20 % de l’immense zone économique exclusive française en Polynésie. Les vols, toujours courts, nécessitaient plus de 160 décollages depuis des lieux parfois isolés. "On volait un jour sur trois à cause des conditions météorologiques difficiles", a expliqué Laran, soulignant l'importance des vols à basse altitude, clé du protocole pour observer poissons volants et oiseaux, représentant trois quarts des données récoltées.
Outre les observations, les scientifiques ont consacré leur temps libre à la sensibilisation du public. Ils ont visité quatorze établissements scolaires pour éduquer sur les enjeux environnementaux du littoral et présenté leur projet à la presse locale.
L’équipe, de retour en France à mi-mai, a accumulé environ 20 000 observations durant ces 105 jours de mission. La phase d’analyse qui suivra permettra de mieux comprendre l’impact du changement climatique sur la faune. Le 4 juin, l’Université de La Rochelle a renouvelé son partenariat de 30 ans avec l’Aquarium, qui soutient des projets comme Remmoa II pour trois ans supplémentaires.







