Après une réunion du 26 mai impliquant divers ministères, le gouvernement a confirmé, le 4 juin, son intention d'accélérer le processus de régularisation des étrangers exerçant des professions en tension. L'ambition affichée est de réduire le temps de traitement des demandes de 100 à 50 jours pour environ 80 métiers identifiés.
Cette initiative, révélée par Mediapart, s’inscrit dans une démarche pragmatique visant à répondre aux besoins tant des entreprises que des travailleurs. Comme l’a précisé le ministère de l’Intérieur, l'objectif principal est « d’améliorer l’efficacité du renouvellement des cartes de séjour pour les métiers en tension ». Entre autres, l’augmentation des effectifs travaillant sur ces dossiers est envisagée pour faciliter cette réduction des délais.
Le sujet a été abordé lors de la rencontre du 26 mai, où étaient présents des représentants des syndicats, du patronat ainsi que du ministère du travail. Cette discussion intervient alors que la circulaire Retailleau, mise en place en janvier 2025, arrive à expiration fin 2026. Elle avait redéfini les critères de régularisation des travailleurs dans le BTP, la santé et l'hôtellerie-restauration.
Selon les données fournies par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, 1 655 titres de séjour ont été délivrés en 2025 à des étrangers dans des secteurs où le manque de main-d'œuvre est crucial. Cette mesure procure une certaine sécurité aux employeurs, évitant ainsi des sanctions en cas de non-conformité à la législation sur l’immigration.
80 métiers ouvrent droit au séjour
La liste mise à jour en mai 2025 identifie environ 80 métiers qualifiés d’« en tension », ce qui ouvre la voie à des régularisations pour les travailleurs sans papiers, à la condition de pouvoir justifier de douze mois de salaire sur les vingt-quatre derniers mois, ainsi que de trois ans de résidence en France.
Cette régularisation est perçue comme une bouffée d’oxygène pour de nombreuses entreprises. En effet, des représentants du secteur signalent que sans ces dispositifs, ils risqueraient de faire face à des difficultés majeures, compromettant parfois leur capacité à honorer certains contrats.
Citant Mediapart, une voix patronale participante à la réunion déclare que « le dispositif actuellement en place n’est pas opérationnel et présente beaucoup de défauts. » Une représentante syndicale a également fait écho à ce constat en affirmant que « la vision du patronat est utilitariste, mais nous constatons tous l’échec actuel de cette mesure. »







