Un corps, présumé être celui de Lyhanna, une élève de 11 ans disparue le 29 mai, a été découvert jeudi après-midi par les gendarmes dans un silo d'une exploitation agricole non loin de Puycasquier. Toutefois, une autopsie est nécessaire pour confirmer son identité.
Selon le procureur d'Agen, Olivier Naboulet, le corps trouvé dans une zone isolée portait des vêtements semblables à ceux que la jeune fille avait lors de sa disparition.
Le principal suspect, un homme de 41 ans déjà sous détention pour d'autres plaintes, était employé dans cette exploitation. Des sources proches de l'enquête relèvent que son profil soulève de vives inquiétudes : il a été visé par plusieurs signalements pour des comportements inappropriés.
Un périmètre de sécurité a été établi, bloquant l'accès à la zone, située à quelques kilomètres de Fleurance, le dernier lieu connu où la victime a été vue. La découverte du corps a choqué la communauté.
L'autopsie a pour but d'identifier formellement la victime et d'analyser les circonstances entourant sa mort. Elle permettra également d'explorer l'éventualité de violences sexuelles, comme précisé par un enquêteur interrogé par l'AFP.
Si des traces ADN sont relevées, elles seront confrontées à celles du suspect afin d'étayer les accusations.
- Réunion de crise -
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a convoqué une réunion avec les ministres de l'Intérieur et de la Justice pour discuter des enjeux entourant cette affaire, notamment des potentiels dysfonctionnements systémiques dans le traitement des plaintes concernant des agressions sexuelles. Gérald Darmanin a exprimé son incompréhension face à ces manquements.
Le suspect, père de deux enfants, connaissait Lyhanna, qui était amie avec sa fille. Son silence face aux juges ne fait qu'accroître la tension autour de cette affaire tragique.
Les forces de gendarmerie, environ 170 agents, continuent de patrouiller dans la région boisée au sud de Toulouse, intensifiant les recherches qui mobilisent également des drones et des hélicoptères.
- Antécédents troublants -
Mis en examen, le suspect est resté muet jusqu'à présent, et son passé alimente les préoccupations. Plusieurs plaintes, dont certaines pour viol sur mineurs, laissent entendre un profil inquiétant. Selon la procureure Clémence Meyer, l'homme avait effectivement suscité des alertes en 2022 et 2025, mais aucune démarche n'avait mené à un suivi adéquat.
Une nouvelle plainte pour un délit équivalent a été enregistrée juste avant l'annonce de la découverte du corps, ce qui a intensifié les interrogations quant à l'efficacité des institutions.
Des voix s'élèvent pour réclamer un éclaircissement. Par exemple, Mathias Darmon, avocat d'Innocence en danger, a exprimé son désespoir face à des défaillances systématiques, appelant à une révision en profondeur des pratiques judiciaires concernant la protection des enfants.
D'autres groupes, tels que France Victimes, demandent un Grenelle sur les crimes envers les mineurs, insistant sur la nécessité d'accorder plus de ressources à la protection de ces jeunes victimes.







