Le système judiciaire hongrois a annoncé, ce jeudi, l'abandon des poursuites à l'encontre des organisateurs des Marches des fiertés de l'année passée, incluant le maire de Budapest, malgré l'interdiction imposée par le Premier ministre nationaliste Viktor Orban, récemment défait aux élections.
En avril, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) avait déclaré que la législation hongroise anti-LGBT+ adoptée en 2021, mise à jour en 2025, qui interdit toute évocation de l'homosexualité et du changement de genre envers les mineurs, était incompatible avec le droit européen. Ce cadre légal avait servi de base pour interdire l'événement, mais, suite à la décision de la CJUE, le parquet hongrois a conclu que les charges n'étaient plus justifiées.
Cette décision a conduit à l'abandon des charges contre Gergely Karacsony, maire écologiste de Budapest, ainsi que contre Geza Buzas-Habel, responsable de la seule Marche des fiertés organisée en dehors de la capitale, à Pecs. La police a également déclaré qu’elle ne voyait plus d'obstacles à la tenue de la Marche des fiertés de cette année à Budapest, programmée pour le 27 juin.
L'événement de l'an passé avait rassemblé plus de 200.000 participants à Budapest en juin et des milliers à Pecs en octobre, un succès qui a été perçu comme une réponse forte contre les politiques restrictives sur les droits LGBT+ menées par Orban au nom de la "protection de l'enfance".
Le maire de Budapest avait organisé la marche de 2025 dans l'espoir de contourner les restrictions, mais avait malgré tout été visé par des poursuites. Les participants, quant à eux, faisaient également face à des amendes potentielles, mais aucune mesure n'avait été prise à leur encontre.
Après plus de 16 ans de gouvernance, Viktor Orban a été battu lors des législatives du 12 avril dernier. Son successeur, Peter Magyar, a dès sa victoire assuré la communauté LGBT+ que la Hongrie souhaitait être un pays où "personne n'est stigmatisé pour aimer autrement". Toutefois, bien qu'il ait exprimé des idées en faveur de l'égalité, il n'a pas encore offert de soutien explicite envers la Marche des fiertés ni proposé d'abroger les lois restrictives mises en place durant le mandat d'Orban.
Les organisations de défense des droits humains se sont montrées "extrêmement satisfaites" suite à cette décision judiciaire. Dans un communiqué signé par plusieurs ONG de premier plan, y compris Amnesty International, elles ont affirmé que cette victoire rappelait l'importance du droit de réunion et de la liberté individuelle. Elles ont également appelé le nouveau gouvernement à abroger officiellement la loi anti-LGBT+ de 2021 et à entreprendre des réformes constitutionnelles pour garantir l'égalité des droits pour toutes les personnes, indépendamment de leur orientation sexuelle.







