À l'abbaye bénédictine de Solesmes, près de Sablé-sur-Sarthe, un projet innovant voit le jour grâce à l'initiative du père abbé Dom Geffroy Kemlin et à la créativité du Frère David Minot. Autrefois centrée sur la production de CD de chant grégorien, l’abbaye évolue aujourd'hui vers de nouvelles activités, notamment la fabrication de biscuits artisanaux.
Frère Minot, qui a récemment déménagé de l'abbaye de Palandriai en Lituanie, a été invité par le père abbé à mener ce projet. Selon lui, il a reçu carte blanche pour réinventer l'offre de l'abbaye, à l'exception des contraintes budgétaires. « Il m’a dit qu’il fallait créer quelque chose de nouveau », se souvient-il, ajoutant qu'il a immédiatement remarqué un équipement de boulangerie peu utilisé dans une petite pièce de l'abbaye. « Les moines souhaitaient économiser sur leur pain quotidien et, avec cette démarche, nous avons trouvé une belle opportunité », explique-t-il.
La transformation a porté ses fruits. Les biscuits, désormais soumis aux mêmes soins que les chants, se sont rapidement imposés comme un produit de choix. Cette stratégie de diversification vise à garantir l'autonomie économique de la communauté monastique. Comme le souligne un rapport d'Ouest-France, le succès de cette initiative montre que l'abbaye sait allier traditions séculaires et actualité.
Les visiteurs affluent, non seulement pour écouter les harmonies grégoriennes, mais aussi pour goûter aux créations culinaires des moines, témoignant d'un intérêt croissant pour une expérience authentique et spirituelle. Selon le chercheur en sociologie des religions, Marc Durand : « Ce projet ne fait pas que revitaliser l’abbaye, il offre également un rayon d'espoir pour d'autres institutions religieuses confrontées à des défis similaires ».
Ainsi, l’abbaye de Solesmes s’affirme comme un modèle d’adaptabilité, prouvant que même dans le respect des traditions, il est possible de se réinventer pour mieux répondre aux exigences de la modernité.







