Le 16 janvier, Emmanuel Macron devait accueillir à l'Élysée les élus de Nouvelle-Calédonie pour dialoguer sur leur avenir institutionnel. Cependant, le mouvement indépendantiste du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a décidé de décliner cette invitation. Christian Tein, président du FLNKS, a exprimé lors d'une conférence de presse que « Paris est sourd et ne connaît que le rapport de force ». Cette déclaration illustre une frustration croissante face à ce que les indépendantistes perçoivent comme une volonté du gouvernement de les engager dans des discussions biaisées.
Cette décision intervient après une convention tenue le week-end dernier à Dumbéa, où les indépendantistes ont réaffirmé leur position. Le projet d'accord de Bougival, signé en juillet, prévoit la création d'un État de Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française, mais sa portée a été largement contestée. Bien que certaines forces politiques soutiennent l'accord, d'autres appellent à des modifications avant son adoption, soulignant la nécessité d'un consensus plus large.
Les tensions dans l'archipel s'intensifient également en raison des récentes violences, ayant causé la mort de 14 personnes au printemps 2024, et d'une crise économique sinistrante. Même la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a proposé une consultation citoyenne anticipée, mais l'idée suscite davantage de réserves que d'enthousiasme parmi les soutiens de l'accord.
Selon des sources de France 24, le Congrès calédonien a manifesté des divergences avec un vote de 19 pour, 14 contre et 19 abstentions, révélant une impasse politique. Pendant ce temps, le Parti socialiste a exhorté le gouvernement à suspendre la consultation anticipée, arguant que celle-ci met en évidence l'absence de consensus réel autour de l'accord, rendant ainsi son adoption improbable.
Ce climat de défiance témoigne d'un processus de paix complexe en Nouvelle-Calédonie, un territoire ulcéré par les tensions et une quête d'identité. Les indépendants demandent un dialogue véritable, déplorant un gouvernement français qui semble privilégier une approche unilatérale. Comme le souligne l'économiste local Pierre Duval, « les élus doivent s'engager à écouter réellement les attentes des Calédoniens, sans quoi aucune paix durable ne sera possible ». En fin de compte, l'avenir institutionnel demeure incertain, le spectre de la violence et du mécontentement planant toujours sur l'archipel.







