Selon les déclarations de Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, près de "400 000 Français, résidents ou de passage", se trouvent dans une douzaine de pays du Moyen-Orient, impactés par la situation de conflit actuel. Cette estimation intervient après des frappes iraniennes consécutives à des attaques israélo-américaines, entraînant la fermeture de l'espace aérien dans plusieurs de ces nations.
Au cours d'une réunion de crise au Quai d'Orsay, le ministre a souligné que "nous n'avons pour l'heure déploré aucune victime française" et a affirmé que la sécurité des ressortissants demeure une "priorité absolue" pour le gouvernement.
Mobilisation des ressources diplomatiques
Jean-Noël Barrot a annoncé que "15 postes diplomatiques, dont des ambassades et consulats, sont mobilisés pour garantir la sécurité des ressortissants français et leur apporter toute l’assistance nécessaire". Il a mis en place une "cellule téléphonique d’urgence, disponible 24/7", qui a déjà traité "5 000 appels" venus de Paris et d’autres emplacements.
Le ministre a ajouté que "des dispositifs locaux sont en place pour faciliter des sorties par voie terrestre", bien que cela ne soit pas possible dans tous les pays concernés. Il encourage les Français à consulter régulièrement le site diplomatie.gouv.fr et à s'inscrire sur le dispositif Fil d’Ariane pour un suivi des conseils aux voyageurs.
De Dubaï, des témoignages poignants
Parmi les Français concernés, Fanny Gomez, directrice d’école à Rouen, est actuellement à Dubaï avec sa famille. De retour de vacances aux Seychelles, ils se retrouvent piégés, découvrant la situation par le biais des actualités. "On entend régulièrement des bruits sourds, comme des explosions de missiles", partage-t-elle avec une inquiétude palpable.
Pour sa part, Christian, un touriste corse, relate une expérience similaire, ayant entendu une détonation avant son départ. "Nous avons vu une tâche de fumée dans le ciel, résultat de missiles interceptés, ce qui n'est pas une situation à laquelle nous sommes habitués". Denis, également présent à Dubaï avec sa fille, déplore un manque d'informations précises : "Tout est saturé, et nous avons du mal à joindre les ambassades et les compagnies aériennes".
À Doha, des vols annulés
À Doha, Cali Valenza, originaire de Saint-Tropez, décrit des événements dignes d'un film, après que son vol, initialement en route pour Nice, ait dû faire demi-tour après deux heures de vol. "Nous avons reçu des notifications sur nos téléphones, les hôtesses étaient plus inquiètes que nous", se souvient-elle. Au 9e étage de son hôtel, elle peut observer la situation à l’extérieur.
D'autres voyageurs, dont 21 membres de l'association musicale "Cannes Appassionata", se retrouvent également coincés à Doha, attendant des informations sur leurs futurs vols. Cette crise met en lumière les défis logistiques et émotionnels auxquels sont confrontés les Français actuellement dans des zones de conflit.
Avec des routes fermées et un espace aérien dangereux, des milliers de personnes attendent désespérément des nouvelles de leurs agences de voyage et de leurs ambassades, dans une situation de tension croissante.







