Trois ans après avoir été prohibée sur le sol français, l'herbe de la pampa poursuit son invasion dans le Cotentin. Une organisation dédiée à la protection de l'environnement exhorte les autorités à prendre des mesures concrètes.
Originaire d'Amérique du Sud, l'herbe de la pampa est facilement identifiable par sa touffe de feuilles plumeuses. Autrefois appréciée pour embellir les jardins et espaces verts, elle est désormais reconnue comme une espèce invasive. En mars 2023, le gouvernement a décrété son interdiction à l'échelle nationale, rendant illégale sa possession, son transport et sa vente.
Cette plante a la capacité d'émettre jusqu'à 10 millions de graines, dont certaines peuvent être transportées par le vent sur des distances allant jusqu'à 25 kilomètres. Hubert Vignet, membre de Cotentin Nature, prévient : "La plante s'est donc largement échappée des jardins pour envahir des friches comme d'anciennes parcelles maraîchères."
Bernard Rosselot, vice-président de l'association, s'inquiète des conséquences écologiques de cette invasion : "L'herbe de la pampa prend le dessus sur les espèces végétales locales et perturbe l'écosystème du Cotentin. De plus, elle peut provoquer des irritations chez les personnes sensibles."
Elle constitue ainsi un danger non seulement pour la biodiversité locale mais aussi pour la santé publique. Les riverains sont avertis que la présence de cette plante sur leur propriété peut entraîner des sanctions sévères, pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende.
Les collectivités doivent donner l'exemple dans cette lutte contre l'herbe de la pampa
Dans de nombreuses zones publiques, comme à Collignon sur la commune déléguée de Tourlaville à Cherbourg-en-Cotentin, l'herbe de la pampa a également pris le dessus. Les acteurs locaux, tels que les municipalités, devraient montrer l'exemple en éradiquant cette plante de leurs espaces publics, persuadant ainsi les individus de faire de même.
"C'est une question de santé publique," souligne Bernard Rosselot. Cotentin Nature prévoit d'organiser une réunion publique au printemps afin d'accroître la sensibilisation autour de cette problématique cruciale.







