Joël Soudron, considéré comme l'un des narcotrafiquants français les plus recherchés, a été arrêté au Panama, mettant ainsi fin à une longue période d'évasion. Son extradition vers la France est en cours, où il est attendu pour un procès en juin à Paris, suite à un vaste réseau de trafic de cocaïne entre les Antilles et l'Hexagone.
Âgé de 46 ans et originaire de Guadeloupe, Soudron a su se camoufler derrière divers pseudonymes, tels que James Olivier Kane, tout en jonglant avec des passeports falsifiés. Jusqu'à présent, il avait réussi à échapper aux mandats d'arrêt international.
L'homme avait été initialement incarcéré en France pour une affaire de trafic de stupéfiants, mais il s'était évadé en décembre 2018 lors d'une permission de sortie.
La procureure de Paris, Laure Beccuau, a confirmé que les démarches pour son extradition sont déjà en cours. D'après Le Monde, Soudron est suspecté d'être au cœur d'un trafic révélé en novembre 2011, lorsque les douanes ont saisi 231 kg de cocaïne dans un conteneur débarqué au port du Havre.
L'enquête, menée par l'Ofast (Office central anti-stupéfiants), a également permis de découvrir 272 kg de cocaïne et près de 285 000 euros lors d'une opération à Baie-Mahault, où la responsable de l'entreprise de déménagement a été arrêtée.
Des investigations approfondies ont mis en lumière que de 20 à 30 expéditions de cocaïne avaient été effectuées depuis 2005, dont six rien qu'en 2011.
Soudron avait déjà été interpellé au Mali en 2016 pour une autre affaire de trafic de drogue, et il a été condamné par contumace à six ans de prison en 2004.
Son modus operandi était audacieux : il faisait passer de la drogue dans des cages contenant des chiens, en espérant tromper les contrôles douaniers à l'aéroport d'Orly. Aujourd'hui, il est conscient des conséquences de ses actes : son procès pour le trafic de drogue qui lui est reproché est fixé au 11 juin 2026.
Des accusations graves pèsent sur lui, comprenant l'importation et le trafic de stupéfiants, mais aussi le blanchiment d'argent et la détention d'arme. Huit autres complices seront également jugés dans cette affaire, selon le bureau du procureur.
Depuis le début de l'affaire, Soudron a fait preuve d'une grande discrétion, ce qui lui avait permis de rester sous le radar des autorités durant des années. Les enquêteurs rapportent que l'argent généré par ses activités criminelles, évalué à plusieurs millions d'euros, a été réinvesti dans l'économie légale, notamment dans le secteur immobilier en Afrique francophone, dans des restaurants et des événements.
Loin des stéréotypes habituels des narcotrafiquants flamboyants, Soudron a su se fondre dans le décor, usant de nombreux prête-noms pour créer des sociétés-écrans. Un enquêteur a souligné : "Nous avons déjà vu des narcotrafiquants, mais rares sont ceux qui ont réussi à accumuler autant d'argent et à agir avec une telle discrétion et un réseau aussi vaste."
Son parcours reste complexe à retracer, mais il aurait beaucoup voyagé dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et jusqu'au Panama, soulignant l'internationalisation de son réseau.







