Dès le 1er septembre 2025, les travailleurs pourront prétendre à une retraite progressive à partir de 60 ans, mais l'accord de l'employeur reste indispensable pour réduire son temps de travail. Cette législation, issue de l'Accord national interprofessionnel (ANI) signé en automne 2024 par les syndicats et le Medef, marque un tournant dans le paysage professionnel.
Accord de l'employeur : une nécessité cruciale
Bien que la réforme ouvre la porte à ce dispositif pour tous les salariés ayant cotisé 150 trimestres, la réalité du passage à temps partiel dépendra fortement de l'accord de l'employeur. Sandrine Mourey, de la CGT, souligne que, même si la retraite progressive est désormais un droit, l'employeur a le dernier mot concernant le temps partiel. Le Medef, de son côté, soutient une approche plus restrictive, limitant ainsi les choix des salariés.
En cas de refus d'un employeur, l'ANI exige que des motifs solides soient fournis, mais cela pourrait constituer une faiblesse, car les entreprises peuvent invoquer des besoins opérationnels pour justifier leur décision de maintenir un salarié à temps plein.
Les disparités entre grandes et petites entreprises
Ce nouveau dispositif soulève des interrogations quant à son équité. Selon la CGT, la retraite progressive risque de privilégier les salariés des grands groupes. Dans ces entreprises, la charge de travail peut être redistribuée plus facilement, rendant le passage à temps partiel moins problématique. En revanche, les petites entreprises, comme les TPE et PME, pourraient rencontrer des difficultés majeures. La gestion des effectifs dans ces structures nécessite souvent une réorganisation importante, rendant la mise en place d'une retraite progressive plus complexe.
De plus, on constate que les accords collectifs favorisant l'aménagement de la fin de carrière sont moins courants dans les petites structures, ce qui pourrait freiner l'accès à cette option pour de nombreux travailleurs.







