Avec plus de 1,2 million de seniors ayant choisi de s'expatrier pour profiter de leur retraite, cela représente environ 8 % des retraités en 2023 (DREES). Les destinations populaires incluent la Grèce, le Portugal, l'Espagne, le Maroc et la Thaïlande, où le coût de la vie est souvent inférieur de 15 à 30 % par rapport à la France, voire jusqu'à 50 % moins cher dans certains pays d'Asie du Sud-Est. Avant de faire un tel choix, une question cruciale se pose : Est-il possible de percevoir sa retraite tout en résidant à l'étranger ? Si oui, quelles sont les procédures à suivre ?
Recevoir sa retraite en vivant à l'étranger : la réalité
En France, plus de 17 millions de retraités de droit direct sont recensés, parmi lesquels environ 4,5 millions perçoivent une pension de réversion. Suite aux réformes de 2023, l'âge légal de départ à la retraite est désormais fixé à 64 ans, poussant de nombreux seniors à liquider leurs droits dès que possible. Bien que la majorité préfère rester en France, certains choisissent de vivre à l'étranger pour bénéficier d'une meilleure qualité de vie, d'un pouvoir d'achat accru et de climats plus cléments. Les statistiques montrent que plus d'un million de retraités ont pris cette décision. Il est bel et bien possible de résider dans un autre pays tout en continuant à percevoir sa pension de retraite, contrairement à d'autres aides soumises à des conditions de résidence en France.
Démarches à suivre pour percevoir sa retraite à l'étranger
Les retraités français peuvent toucher leur pension de retraite de base (CNAV) et leur retraite complémentaire (Agirc-Arrco) tout en vivant à l'étranger, sous réserve de respecter certaines règles administratives.
1. Changer ses coordonnées
Pour assurer la continuité de ses paiements, le retraité doit informer ses caisses de retraite de son changement d'adresse. Cette démarche s'effectue par courrier recommandé et doit inclure :
- Nom et prénom
- Nouvelle adresse
- Téléphone
- Numéro de sécurité sociale
Il est essentiel de joindre tous les justificatifs requis, comme un RIB mis à jour.
2. Justifier son existence
Chaque année, les retraités doivent prouver leur existence en remplissant un certificat de vie, qui doit être validé par une autorité compétente (mairie, consulat, etc.). Ce certificat doit ensuite être envoyé au centre de traitement des retraites à l'étranger situé à Tours. Le non-envoi dans un délai de deux mois peut entraîner une suspension du paiement de la retraite. Un certificat de situation maritale peut également être exigé.
Démarches fiscales et administratives à considérer
Concernant la fiscalité, les retraités vivant à l'étranger doivent continuer à payer leurs impôts en France si :
- Ils passent plus de 183 jours par an en France,
- Ils déclarent des intérêts économiques en France.
En revanche, si aucune de ces conditions n'est remplie, l'imposition qu'ils subissent dépendra de la convention fiscale entre la France et leur pays de résidence. De plus, s'ils ne sont plus domiciliés fiscalement en France, leur retraite ne sera plus soumise à certaines contributions, mais des cotisations pour l'assurance maladie peuvent s'appliquer, notamment si :
- Ils bénéficient d'un régime français d'assurance maladie,
- Ils ont accumulé au moins 15 ans de cotisations en France.
Les cotisations s'élèvent à 3,2 % pour la retraite de base et 4,2 % pour la retraite complémentaire, tandis que les retraités du régime des indépendants peuvent être soumis à des taux plus élevés. En résumé, il est possible de toucher sa retraite tout en vivant à l'étranger, à condition de respecter quelques démarches clés : mettre à jour ses coordonnées et prouver son existence chaque année. Toutes ces démarches peuvent être effectuées aisément en ligne via le site de l'Assurance retraite.







