Le Nutri-Score, conçu pour orienter les consommateurs vers une alimentation plus saine, s'avère essentiel dans la lutte contre les maladies cardiovasculaires. Une récente étude européenne a mis en évidence que les aliments mal classés augmentent le risque d'infarctus et d'accidents vasculaires cérébraux.
Institué comme un système de notation simplifié, allant de A à E, le Nutri-Score permet aux consommateurs de mieux appréhender la qualité nutritionnelle des aliments. Mais à partir de quelle note peut-on considérer qu’un produit est dangeureux pour la santé? Une étude publiée le 11 septembre 2024 dans Lancet Regional Health – Europe apporte des éclaircissements.
Nutri-Score et maladies cardiovasculaires : un lien confirmé
Cette recherche a été conduite par l’équipe d’épidémiologie nutritionnelle CRESS-EREN, regroupant des experts de l’Inserm, de l’Inrae, du Cnam, ainsi que des universités Paris Sorbonne Nord et Paris Cité, en collaboration avec l’OMS-CIRC. Au total, les données de 345 533 participants issus de 7 pays européens ont été analysées.
Les aliments classés D ou E : un risque accru pour le cœur
Les résultats ont montré une corrélation directe entre la consommation d'aliments mal notés et une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires. En effet, ceux qui consomment davantage d'aliments classés D ou E présentent un risque accru de développer des problèmes cardiaques, tels que l'infarctus du myocarde et l'AVC.
Les produits classés D et E, qui incluent souvent des aliments riches en sucres, graisses saturées ou sel, se révèlent les plus nocifs pour la santé cardiaque. En revanche, les aliments notés A et B, riches en fibres, protéines et micronutriments, sont préférables pour un régime alimentaire sain.
Une consommation accrue, un risque augmenté
Au cours d'une période de suivi de 12 ans, 16 214 cas de maladies cardiovasculaires ont été recensés, dont 6 565 infarctus et 6 245 AVC. Les chercheurs ont noté qu'une élévation d’un point sur l'échelle du Nutri-Score était associée à une augmentation de 3 à 4 % du risque global de maladies cardiovasculaires.
"Ces résultats renforcent l'importance du Nutri-Score comme outil de santé publique, essentiel pour guider les choix alimentaires des consommateurs et prévenir les maladies chroniques", déclare Mélanie Deschasaux-Tanguy, chercheuse à l'Inserm.
Nutri-Score : un outil indispensable, mais perfectible
Adopté en France en 2017 et révisé en 2024, le Nutri-Score vise à servir de guide aux consommateurs. Son rôle est d'informer rapidement sur la valeur nutritionnelle des aliments et d'inciter les industriels à améliorer leurs recettes. Toutefois, bien que plus de 1 400 marques l'aient intégré volontairement, son utilisation n'est pas obligatoire pour tous les fabricants.
De plus, une harmonisation au niveau européen est primordiale pour instituer un logo unique à la fois efficace et utile. L’Inserm souligne la nécessité d’une telle approche, en lien avec la stratégie de la Commission européenne « De la ferme à la table ». Mathilde Touvier, directrice de recherche à l'Inserm, affirme que ces résultats soutiennent l’adoption du Nutri-Score comme logo nutritionnel obligatoire en Europe.







