Chiara Appendino, nouvelle maire de Turin et militante du « Mouvement 5 étoiles », souhaite modifier les habitudes culinaires de la ville. Portrait d'une femme engagée avec des idées audacieuses.
Élue avec plus de 55 % des voix le 19 juin, Chiara Appendino a surpris le paysage politique de Turin, traditionnellement communiste. À 32 ans, elle est non seulement jeune mère d’un bébé de cinq mois, mais également diplômée de l'université Bocconi et entrepreneuse prospère.
Une vision écologique
Chiara Appendino, qui incarne le mouvement populiste et la victoire du changement face à des scandales politiques, affiche une volonté d’indépendance. Elle a même refusé de signer une charte de transparence de son parti, prouvant ainsi son aversion pour les règles établies. Son ambition ? Faire de Turin la première ville végétarienne.
Dans son « Programme politique pour la ville de Turin 2016-2021 », elle propose de promouvoir le végétarisme et le véganisme comme éléments clés d'un mode de vie durable. Pour elle, ces choix sont indissociables de la santé publique et de la protection de l'environnement. Parmi ses initiatives, on trouve des projets éducatifs sur la nutrition, ainsi que des jardins urbains et des marchés bio collaboratifs.
Les premiers pas vers le changement
Ce projet ne sort pas de nulle part : Turin est déjà un bastion du végétarisme avec une trentaine de restaurants spécialisés, héritage du mouvement « slow food » né ici en 1986. Pour encourager cette transition, la ville propose également des subventions pour la réalisation de micro-projets alimentaires.
Cependant, toutes les voix ne sont pas en accord. Chiara a été critiquée pour vouloir imposer un « État nourricier » et limiter les choix alimentaires des Turinois. En réponse, elle a déclaré que chacun était libre de ses choix alimentaires tout en soulignant que l'alimentation est un défi majeur de notre époque.
Un équilibre à trouver
La résistance à cette initiative provient notamment de la riche tradition gastronomique piémontaise, renommée pour son amour de la viande, comme en témoignent des plats populaires tels que le "vitello tonnato". D'autres, comme la conseillère Stefania Giannuzzi, ont assuré qu'il ne s'agissait pas de dénigrer les producteurs de viande mais de diversifier les options alimentaires.
Finalement, la controverse autour du projet de Chiara Appendino pourrait être plus une tempête médiatique qu'un réel bouleversement gastronomique. L’avenir dira si Turin saura trouver le juste milieu entre tradition et modernité.







