Les compagnies aériennes françaises espèrent obtenir, dans un contexte de flambée des prix du kérosène, des reports de charges fiscales et sociales de la part du gouvernement. Pascal de Izaguirre, à la tête de la Fédération nationale de l'aviation et de ses métiers (Fnam), a fait cette annonce lors d'une interview sur RTL.
"Le gouvernement semble ouvert à la proposition de reports de charges sociales et fiscales pour aider les compagnies en difficulté" a-t-il affirmé. La journée de mercredi marque un moment clé, avec une réunion prévue entre les transporteurs et les ministres de l'Économie et des Transports. "Nous allons demander à ce que la fiscalité ne soit pas renforcée. Nous avions déjà obtenu un moratoire en 2026, car le secteur aérien est déjà fortement pénalisé par les redevances et impôts", a-t-il déclaré.
Une nécessité d'éclaircir les marges de profit
Lors de son intervention, Izaguirre a également évoqué les récentes déclarations concernant les profits exceptionnels de TotalEnergies, l'un des principaux fournisseurs de kérozène, dont le prix a explosé depuis le début des conflits au Moyen-Orient. Il a souligné une "opacité inquiétante" concernant la fixation des marges de ces fournisseurs, ajoutant que, contrairement aux fluctuations du pétrole brut, l'augmentation des prix du kérosène a été significativement plus rapide.
"Nous souhaiterions voir davantage de transparence concernant les marges lors de la prochaine réunion", a-t-il exprimé. Cette transparence implique aussi une demande d'informations sur les stocks de kérosène et la garantie d'approvisionnement, en notant que le coût du pétrole représente actuellement 45% des dépenses des compagnies aériennes, contre seulement 25% avant le conflit.
Pour Izaguirre, ces enjeux sont cruciaux pour la viabilité du secteur aérien français, hautement dépendant des fluctuations des prix de l'énergie et soumis à des charges fiscales élevées. Les compagnies aériennes espèrent ainsi que leurs demandes seront entendues lors des discussions à venir le 6 mai.







