Emmanuel Macron s'apprête à dévoiler, ce vendredi, une nouvelle allocation d'un milliard d'euros pour soutenir le plan quantique de l'État. Cette décision, issue du programme d'investissements France 2030, fait suite à l'urgence de positionner la France face à l'accélération des USA et de la Chine dans ces secteurs stratégiques, comme l'annonce le bureau de l'Élysée.
Le président, en visite au "Très Grand Centre de Calcul" du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Bruyères-le-Châtel, dans l'Essonne, confirmera également un engagement de 550 millions d'euros dans un programme européen dédié aux semi-conducteurs. Ces composants, essentiels pour l'essor de l'intelligence artificielle, bénéficient également des financements du programme France 2030.
Un complément d'ambition
Ces nouvelles annonces s'ajoutent à un plan global de 1,8 milliard d'euros alloué au quantique entre 2021 et 2025, et à un montant de 500 millions d'euros prévu en 2024 pour soutenir le secteur de la défense. Concernant les semi-conducteurs, elles prolongent une politique initiée en 2022, avec 5,5 milliards d'euros d'engagements divers.
Le chef de l'État s'exprimera lors d'un Forum européen portant sur les technologies quantiques et les semi-conducteurs et a déjà programmé une présentation de l'ordinateur quantique photonique nommé Lucy. Des acteurs privés de ces secteurs devraient aussi annoncer des investissements ou des partenariats durant cet événement.
Une stratégie européenne renforcée
La technologie quantique, encore à ses débuts, promet de résoudre avec une rapidité inégalée des problématiques complexes, trop ardues pour les ordinateurs actuels. Emmanuel Macron soulignera que cet effort national doit s'inscrire dans une stratégie européenne renforcée. "L'accélération mondiale des grandes puissances exige une réponse à la hauteur de l'Europe," précise une source à l'Élysée.
Macron insistera sur la nécessité d'un budget européen ambitieux pour la période 2028-2034, incluant un "emprunt européen" dédié à la recherche et à l'innovation dans ces technologies critiques. Cependant, cette proposition fait face à des résistances, particulièrement de la part de l'Allemagne.
Favoriser la recherche européenne
Enfin, le président demandera aux institutions françaises de recherche comme le CEA et le CNRS de former une coalition de recherche et technologie à l'échelle européenne. Cette initiative vise à mettre en avant la "préférence européenne", afin de favoriser les technologies développées au sein du continent pour les achats publics. Ceci contribuera à la souveraineté européenne, une priorité affichée par Macron pour sa dernière année de mandat.
Dans les jours à venir, il se concentrera également sur des initiatives liées à l'électrification des usages, tout en préparant un événement d'attractivité de l'économie française réunissant de grands investisseurs étrangers.
À l'international, une réunion des ministres du Numérique du G7 est prévue à Paris le 29 mai, juste avant le sommet de mi-juin avec les dirigeants du G7 à Évian.







