Une coalition de pays européens, comprenant la République tchèque, la Pologne, la Suède et la Croatie, a récemment tiré la sonnette d'alarme concernant la population des grands cormorans. Estimée à 2 millions d'individus sur le continent, cette espèce serait responsable d'une consommation annuelle colossale de 180 kg de poissons par oiseau.
Lors d'une session qui s'est tenue mardi à Bruxelles, ces États ont officialisé leur demande de réguler cette population, jugeant que les « impacts croissants » des cormorans sur les ressources halieutiques sont devenus insupportables. Ils ont fait appel à la nécessité de « maintenir la population » de ces oiseaux à un niveau « économiquement acceptable ». Dans cette optique, ils envisagent de modifier le statut de protection du grand cormoran afin de le classer comme une espèce chassable, excepté durant la période de reproduction.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte où la pêche se heurte à des défis de taille, notamment à cause des prédateurs que représentent ces cormorans. La ministre finlandaise de l'Agriculture, Sari Essayah, a évoqué les « nombreux problèmes en mer Baltique » causés par la surpopulation de cormorans, soulignant ainsi l'urgence d'une réaction européenne.
Le statut de protection du grand cormoran, en vigueur depuis 1979 au niveau de l'UE, permet déjà des dérogations pour réguler sa population. Cependant, les organisations de conservation, telles que France Nature Environnement, s'inquiètent des pressions de l'industrie de la pêche et des pisciculteurs, tandis que la proposition pourrait rouvrir le débat sur la protection d'autres espèces vulnérables comme le loup et l'ours, qui ont déjà subi des assouplissements dans leur statut.
La question du cormoran pourrait ainsi faire l'objet de vifs débats au sein de l'UE, où les opinions divergent entre défenseurs de la biodiversité et agriculteurs inquiets pour leurs ressources. Les États en faveur d'une régulation devront convaincre leurs homologues, preuve d'une tâche délicate dans un paysage européen déjà clivé sur d'autres enjeux environnementaux.







