Un épisode de chaleur d’une intensité et d’une précocité exceptionnelles frappe la France. Le Centre-Ouest est particulièrement touché jusqu’à la fin du mois de mai avec des températures pouvant atteindre 38 degrés.
Actuellement, un dôme de chaleur persiste sur tout le territoire européen, faisant grimper les températures. Les seuils nécessaires pour déclarer une « vague de chaleur » pourraient être franchis d’ici la fin mai 2026 en France, une première dans l’histoire. « C’est la plus précoce jamais enregistrée, précédemment, le plus tôt avait été juin 2012, qui avait débuté le 15 juin », précise Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France, lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministère de la Santé.
Intense, précoce et durable
« Historique, inédit, exceptionnel » : ces adjectifs illustrent parfaitement ce phénomène qui affecte le continent depuis le week-end de Pentecôte. Selon les climatologues, bien qu’il ne soit pas totalement inattendu, « il est surprenant en raison des niveaux de chaleur mesurés ». La France a déjà été témoin d’événements similaires en 1947, 1953, 1992, 2005, 2017 et 2022, mais celui-ci se distingue par son intensité et sa précocité.
Adrien Warnan, prévisionniste à Météo-France, confirme : « Jamais un tel événement n’avait eu lieu avant l’arrivée de l’été météorologique, qui débute le 1er juin. » Les températures devraient continuer à augmenter jour après jour jusqu'à fin mai. Initialement, le nord-ouest a été le plus touché, où des records de chaleur historiques ont été battus, mais « l’Anjou, le Poitou, les Charentes et le nord de la Gironde » seront particulièrement affectés, avec des températures entre 35 et 38 degrés.
Pour la journée de mercredi, treize départements seront placés en vigilance orange, dont les Deux-Sèvres. « Dans le Languedoc, nous pourrions même dépasser les 39 degrés, ce qui est totalement inédit pour ce mois de mai », souligne Warnan.
Des anomalies de températures de près de 15 degrés
Dimanche, la vigilance jaune pour chaleur/canicule a été établie dans le Finistère, un événement marquant car c’est la première fois depuis 2004 que ce type d’alerte est mise en place. « Cela survient après la canicule meurtrière de 2003 », souligne Olivier Caumont de Météo-France.
Comme le fait remarquer Warnan, « sur les images satellites, il faut chercher les nuages. L’anticyclone, très stable, engendre ce dôme de chaleur qui est difficile à déplacer, causant une hausse constante des températures. » Depuis le week-end de Pentecôte, les températures dépassent souvent les 35°C l’après-midi et ne descendent pas sous les 20°C la nuit, avec des anomalies de presque 15 degrés par rapport aux normales saisonnières.
Cela ne présage en rien de l’été qu’on va connaître
Matthieu Sorel souligne que cette vague de chaleur pourrait être annonciatrice de « phénomènes qui deviendront plus fréquents, plus précoces et plus persistants à l’avenir ». Cependant, il insiste sur le fait que cet épisode ne reflète pas ce que sera l’été 2026, qualifiant ce moment d'« exceptionnel ».
Certains ont même qualifié cette situation d’« ovni climatique », une expression qui ressurgit après avoir été utilisée en juin 2003. « Ce terme a été oublié, mais aujourd'hui, nous faisons face à un phénomène extrême. Tous les superlatifs sont possibles pour le décrire. »
Les autorités sont sur le qui-vive, rappelant que l’État est mobilisé. Les préfets ont la capacité de déclencher des plans de secours ou de prévention. Santé publique France souligne les conséquences potentielles sur la santé, avec une augmentation des passages aux urgences durant les canicules et une hausse de la mortalité. « Il est crucial d’adopter des comportements adaptés, » insiste Sandrine Randriamampianina de Santé publique France. Des mesures telles que « limiter les activités physiques » sont essentielles.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu prévoit une réunion intergouvernementale pour discuter de cette situation avec divers ministres concernés. Lors de cette rencontre, il sera question de l’accueil du public, de l’état des nappes phréatiques et du risque d’incendies de forêt. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a évoqué « sept décès, dont au moins cinq noyades » liés à cet épisode de chaleur extrême.







