Rachat de SFR : un dénouement imminent pour les opérateurs français

Les opérateurs français se rapprochent d'un accord historique pour SFR.
Rachat de SFR : un dénouement imminent pour les opérateurs français

Après un premier report, la période de négociations exclusives pour la vente de SFR à ses trois concurrents français doit s'achever vendredi. Cela pourrait révolutionner le marché en le réduisant à trois opérateurs.

Le secteur des télécommunications entre dans une nouvelle phase de suspense avec cette échéance cruciale.

Les acheteurs potentiels, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, avaient convenu d'un prix de 20,35 milliards d'euros à la mi-avril, mais plusieurs détails demeurent à solutionner.

Depuis l'extension de la période de négociations débutée à la mi-mai et étendue jusqu'au 5 juin, aucune déclaration officielle n'a été faite par les opérateurs sur l’état des discussions.

Une source proche des négociations, citée par l'AFP, souligne que "cette opération est d'une complexité inouïe". Si les discussions avancent constructivement, elle précise cependant que "personne n'est pressé à deux jours près".

Les chances actuelles se concentrent sur deux alternatives : parvenir à un accord ou prolonger les négociations.

Cependant, un abandon des pourparlers semble peu probable après des mois de réunions entre les trois acheteurs potentiels, unis au sein d'un consortium, et Altice France, la maison mère de SFR.

Renaud Kanayakis, associé chez 2023 Conseil, s'attend à ce que les parties continuent à collaborer plutôt qu'à abandonner : "S'ils devaient abandonner, ils auraient probablement renoncé plus tôt dans le processus".

Pour Altice, Patrick Drahi est dans l’obligation de trouver une solution viable pour les actifs de SFR, un impératif dans sa stratégie de réduction des dettes.

Selon des informations de plusieurs sources, l'un des éléments sensibles de la négociation concerne la clause d'"earn out", qui pourrait ajuster le prix final selon des critères liés à la performance de l'entreprise acquise.

Malgré encore quelques détails à finaliser, le premier accord pour le prix de vente constitue un événement sans précédent dans un secteur signalé par sa rude concurrence.

La formation d'un consortium d'acheteurs parmi trois concurrents, suivie de la reprise des discussions après le rejet d'une première offre de 17 milliards d'euros, laisse entrevoir une reconfiguration significative du paysage des télécommunications.

En cas de rachat, SFR pourrait être partagé entre les acheteurs, rendant ainsi le marché de nouveau dominé par trois grands acteurs, une situation inédite depuis l'arrivée de Free en 2012.

Cette éventualité entrainerait la redistribution des 19,4 millions de clients mobiles et 6,1 millions de clients fixes vers Free, Bouygues ou Orange.

Néanmoins, l'accord devra obtenir l'aval des autorités compétentes en matière de concurrence, que ce soit à Bruxelles ou à Paris, avant une phase d'évaluation qui pourrait durer près de 18 mois.

Les spécialistes s'attendent à une légère hausse des prix en cas de réduction du marché à trois opérateurs. En parallèle, les employés de SFR et des autres sociétés concernées expriment des doutes quant à la sécurité de leurs emplois.

Le syndicat CFE-CGC Télécoms a tiré la sonnette d'alarme sur une "casse sociale annoncée", tandis que la CFDT chez Bouygues et SFR exige des "garanties claires concernant l'emploi".

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