Anticipée depuis plusieurs jours, la décision de la Banque centrale européenne (BCE) d'augmenter ses taux directeurs, annoncée jeudi 11 juin, s'inscrit dans un contexte d'inflation fugace, qui a été exacerbé par la guerre au Moyen-Orient. Le taux de dépôt de référence a ainsi été rehaussé d'un quart de point, atteignant 2,25%, après une période de stagnation depuis juillet 2025. De nombreux économistes s'attendaient à cette décision, comme l'a souligné un rapport de Euractiv.
Avec cette hausse, la BCE entend augmenter le coût de l'emprunt, pénalisant ainsi les crédits. Cela pourrait affecter la consommation et les investissements en ralentissant la demande, dans l'espoir de maîtriser la hausse des prix, qui a atteint 3,2% en mai dernier, bien au-delà de l'objectif de 2% visé par l'institution.
Cependant, la mesure ne manque pas de susciter des réserves. Certains experts, dont Frederik Ducrozet, économiste en chef chez Pictet Wealth Management, considèrent que cette stratégie est inappropriée en période de stagflation. "Relever les taux en pleine stagflation semble étrange. Cela ne pourrait pas résoudre les problèmes liés aux augmentations des prix des matières énergétiques importées", a-t-il déclaré.
Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management, a également mis en garde contre les effets négatifs potentiels sur la croissance européenne et le risque d'accroître le chômage. "Cette politique pourrait freiner l'activité tout en s'avérant inefficace contre l'inflation présente, largement induite par des facteurs externes", a-t-il relevé.
Que va faire la Fed?
Alors que la BCE a mis en œuvre cette décision audacieuse, d'autres grandes banques centrales, comme la Banque d'Angleterre, semblent opter pour un maintien de leurs taux actuels, avec une réunion prévue le 18 juin. La Banque du Japon, quant à elle, a suspendu ses récentes hausses pour évaluer l'impact sur son économie.
Les regards sont également braqués sur les États-Unis, où la Réserve fédérale pourrait envisager une augmentation de ses taux d'ici la fin de l'année, en réaction à un regain d'inflation. La probabilité de cette hausse est actuellement estimée à 50% par les marchés financiers, selon un article du New York Times.
Avec cette décision, la BCE ouvre la voie à d'autres banques centrales qui pourraient suivre son exemple dans une conjoncture économique délicate.







