Traditionnellement dépendant du Moyen-Orient pour plus de 90 % de ses importations de pétrole, le Japon a subi des perturbations en ce printemps à cause de la guerre en cours et de la fermeture du détroit d'Ormuz, un point névralgique pour le transit de pétrole et de gaz. Environ 70 % du pétrole consommé dans l'archipel transitait par cette voie stratégique selon des estimations de Reuters.
À l'approche de l'été, alors que les réserves stratégiques ont été mises à contribution, le gouvernement japonais témoigne d'une volonté de diversification. Lors d'une réunion gouvernementale, la Première ministre, Sanae Takaichi, a affirmé avoir réussi à diversifier le réseau d'approvisionnement, avec l'engagement d'importer en juillet la même quantité de pétrole que l'année précédente.
Le pays se tourne ainsi vers de nouveaux partenaires, notamment les États-Unis, qui ont multiplié par dix leurs exportations depuis le début des tensions, le 28 février 2026. "Nous avons sécurisé des cargaisons en provenance d'Amérique latine, de la région Asie-Pacifique, d'Asie centrale, d'Afrique et, de manière plus récente, du Canada", a indiqué Takaichi.
"Pour la première fois, des importations de pétrole brut en provenance du Mexique sont prévues pour juillet. C'est un pas vers la diversification de nos sources d'approvisionnement", a précisé la Première ministre.
Les pays d'Asie à la recherche d'alternatives
La fermeture presque totale par l'Iran du détroit d'Ormuz, en réponse aux actions militaires américaines et israéliennes, a perturbé les marchés énergétiques mondiaux, et les pays asiatiques sont les plus touchés en raison de leur forte dépendance au pétrole du Golfe persique.
Cela a engendré des pénuries pour des pays comme le Japon, qui ne dispose pas de ressources naturelles abondantes, entraînant des difficultés diverses pour ses industries, allant de la coloration à la fabrication de produits plastiques et médicaux. L'Inde et la Chine sont également en quête de nouveaux fournisseurs; la Chine a réduit ses importations de 29 % en mai 2026.
Dans cette dynamique mondiale, l'Inde a opté pour des partenariats avec des nations comme la Russie, l'Iran, le Venezuela, ainsi que l'Angola et le Nigeria pour diversifier ses réserves d'or noir.
Sanae Takaichi prévoit également un déplacement en Europe pour participer à une réunion du G7 en France du 15 au 17 juin. Elle abordera, en tant que représentante de l'Asie, les enjeux de la sécurité énergétique, exacerbés par le conflit au Moyen-Orient.







