Le régulateur de l'audiovisuel, l'Arcom, a récemment mis en demeure Radio France pour sa "sous-représentation" du Rassemblement national (RN) entre janvier et fin mars. Le groupe public évoque pour sa part des "erreurs techniques" ayant affecté la situation.
Selon l'Arcom, près de 60 % des interventions des représentants du RN sur France Inter ont été diffusées entre minuit et 5H59, tandis que ce chiffre atteint plus de 70 % sur France Info durant la même période. L'organisme souligne que cela constitue un manquement aux règles du pluralisme politique, particulièrement critique à l'approche des élections municipales qui se sont déroulées les 15 et 22 mars.
L'autorité a précisé que la présence des représentants de ce parti, au regard de sa représentativité, était largement insuffisante sur les tranches horaires diurnes.
En réponse, Radio France a indiqué avoir récemment modifié son logiciel de comptabilisation des temps de parole, un outil qui ne faisait pas de distinction entre le jour et la nuit. "L'erreur est désormais corrigée", a annoncé un porte-parole de l'organisme.
Mise en demeure, Radio France se trouve à l'avant-dernière étape d'un processus pouvant mener à des sanctions financières en cas de répétition des violations.
L'indépendante autorité rappelle que des problèmes similaires avaient déjà été signalés en 2025 et 2026, conduisant à une mise en garde de Radio France concernant ses obligations sociales.
L'Arcom insiste sur le fait que le respect des normes de pluralisme politique est d'une importance cruciale pour le service public, qui doit faire preuve d'exemplarité et d'impartialité, notamment en période électorale.
Ce débat sur le pluralisme médiatique est d'une actualité brûlante, notamment à l'aube des élections présidentielles de 2027, et après les conclusions d'une commission d'enquête parlementaire sur la "neutralité" et le "financement" de l'audiovisuel public.
Par ailleurs, une décision concernant CNews est également attendue de la part de l'Arcom, suite à une saisine de Reporters sans frontières (RSF) qui a soulevé des “manquements flagrants” en matière de pluralisme.







