Dans un contexte déjà tendu autour de l’affaire Lyhanna, le ministre Sébastien Lecornu a dévoilé, ce mercredi au Sénat, son intention de mettre en place un décret visant à « motiver » les classements sans suite des plaintes déposées pour crimes sexuels, en particulier celles visant des mineurs. Face à des questions insistantes sur le sujet, Lecornu a confirmé que ce décret serait imminent, déclarant que chaque classement sans suite par un procureur devrait être justifié dans le cadre d’affaires de cette nature.
Le Premier ministre a reconnu qu’il existait des « problèmes de moyens » au sein de l'institution judiciaire en général, bien qu'il ait souligné qu'ils ne sont pas en cause dans l'affaire tragique de la mort de la jeune Lyhanna, alors que sa famille estime que ces limitations sont au cœur du problème. Interpellé par le sénateur Mathieu Darnaud des Républicains, il a insisté sur l'importance de rendre ces classements plus transparents.
Vers une réforme globale sur les violences sexuelles
Pour mémoire, le principal suspect dans l’affaire Lyhanna avait fait l'objet de plusieurs plaintes, dont certaines avaient été classées sans suite. En réponse à cette situation préoccupante, Lecornu a également proposé d'augmenter les peines encourues par les violeurs en série sur mineurs, avec la possibilité d'une peine de réclusion à perpétuité, contre vingt ans actuellement. Il a également demandé que les enquêtes sur les crimes sexuels soient menées dans un délai maximal de trois mois.
Le président Emmanuel Macron a récemment défendu l'efficacité de l'institution judiciaire, démentant tout manque de ressources dans cette affaire. De son côté, Lecornu s'est engagé à recevoir les députés socialistes en début de semaine prochaine pour discuter d'une proposition de loi globale visant à renforcer la législation contre les violences sexistes et sexuelles. Ce texte, soutenu par Yaël Braun-Pivet, présidente Renaissance de l’Assemblée nationale, a déjà été soumis au Conseil d'État pour avis. Pourtant, ses mesures ne pourraient vraisemblablement pas avoir prévenu le drame entourant Lyhanna, a déclaré Matignon.







