Alors que la Chine continue d'inonder le marché avec de petits colis, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) coordonnée par Bercy, a réalisé un contrôle minutieux de 58.000 établissements. Si ce chiffre représente une baisse par rapport à l'année précédente, la sévérité des sanctions a, quant à elle, considérablement augmenté. En effet, le montant total des amendes a franchi le cap des 200 millions d'euros, dépassant les 81 millions d'euros de l'année 2023.
Ce contraste saisissant souligne un ciblage plus efficace des opérations : près de 26% des contrôles ont abouti à des mesures contraignantes, contre 21% l'année précédente. Cette évolution a conduit la DGCCRF à reconnaître avoir étendu son champ d'action, même si le nombre d'agents, fixé à environ 3.000, est resté stable.
Sarah Lacoche, directrice générale de la DGCCRF, a déclaré lors d'une conférence que l'enjeu consistait à concentrer les ressources sur les activités les plus menacées, afin d'obtenir des résultats tangibles pour les consommateurs.
Cette stratégie implique une réduction volontaire du nombre d'entreprises contrôlées pour se focaliser sur des enquêtes plus approfondies dans des secteurs complexes, tels que la rénovation énergétique, souvent entachée de pratiques malhonnêtes.
41 millions d'euros d'amendes contre Shein et 11 millions pour des opérateurs téléphoniques
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a loué cette approche proactive comme étant « essentielle » dans un contexte de crise, soulignant la nécessité d'un ciblage rigoureux face aux irrégularités constatées.
Les sanctions contre Shein, qui totalisent 41 millions d'euros pour pratiques commerciales trompeuses, illustrent ces efforts. La société a récemment été condamnée à un nouvel amende de 22 millions d'euros pour non-respect du code de la consommation, illustrant ainsi son statut problématique parmi les acteurs du secteur.
Cependant, elle n'est pas la seule dans le viseur de l'administration. D'autres plateformes comme AliExpress et Temu sont également scrutées. Ces services de livraison, tout en étant assujettis à une taxe de deux euros pour les petits colis instaurée en mars 2026, contournent régulièrement cette enchevêtrée législative, créant une situation aux recettes fiscales décevantes, selon des analyses du ministre des Douanes.
En parallèle, la DGCCRF observe une montée en flèche des signalements via sa plateforme SignalConso, dépassant les deux millions en trois ans, souvent motivés par des incessantes pratiques de démarchage téléphonique ou des achats en ligne problématiques.
Sur ce dernier point, les régulations devraient se durcir au mois d'août prochain, augmentant les risques de sanctions déjà significatives, puisque 11 millions d'euros d'amendes ont été infligés à des opérateurs enfreignant les règles.
Dans un contexte numérique toujours plus complexe, la DGCCRF s'efforce également d'adapter ses actions face à l'évolution des technologies, notamment l'intelligence artificielle, pour rester réactive dans ses enquêtes.







