Quelles seront les suites de la liste des "métiers en tension" ? Ce dispositif, mis en place en vertu de la circulaire Retailleau, avait pour objectif de recentrer les régularisations dans les secteurs où les recrutements se heurtent à des difficultés. Sa fin est prévue pour décembre prochain.
Selon la liste mise à jour en mai 2025, environ 80 métiers sont considérés comme "en tension", permettant aux travailleurs sans papiers de prétendre à un titre de séjour après avoir justifié de douze mois de salaires au cours des deux dernières années et de résider en France depuis trois ans. Cette mesure aide également les employeurs à conserver leurs employés, tout en évitant les conséquences légales liées à l'emploi de travailleurs en situation irrégulière, passible d'amendes pouvant atteindre 30.000 euros et cinq ans d'emprisonnement.
Les partenaires sociaux veulent élargir les régularisations de travailleurs
Faut-il pérenniser cette liste, la modifier ou même la supprimer ? À l'approche des élections présidentielles, l'immigration professionnelle est déjà au cœur des discussions politiques. D'ailleurs, pour une fois, les partenaires sociaux s'accordent : patrons et syndicats s'opposent à cette réglementation qu'ils jugent trop restrictif et appellent le gouvernement à l'assouplir.
Cette circulaire, selon certains, freine excessivement les régularisations. Des derniers récriminent d'une complexité injustifiée, tandis que d'autres relèvent l'absence de nombreux métiers dans la liste des secteurs en tension, comme ceux relatifs aux déchets et aux chefs cuisiniers en Île-de-France.
Un représentant de la CGT critique des critères d'évaluation flous, notamment la maîtrise de la langue ou l'intégration. Les conséquences de cela sont frappantes : seulement 1.655 titres de séjour ont été accordés l'année dernière dans le cadre de cette règlementation.
Le gouvernement n'a pas encore tranché
Les syndicats prônent la disparition de cette liste au profit d'un système de régularisation plus simple et plus cohérent. Quant au patronat, il aspire à élargir ce dispositif à davantage de professions pour instaurer une liste nationale unique au lieu de régionaliser la question.
La question demeure : le gouvernement écoutera-t-il ces revendications ? Plusieurs responsables syndicaux évoquent une possibilité d'assouplissement pour favoriser les régularisations, mais rien n'est encore définitif. Noé Lecomte, ministre de l'Intérieur, a cependant promis de réduire le temps de traitement des demandes de 100 à 50 jours.
En résumé, il semble que l'ensemble des acteurs s'accorde à dire que le dispositif actuel n'est pas optimal et qu'il nécessite une réforme. En revanche, le gouvernement n'a pour l'instant que mis l'accent sur l'amélioration des délais, sans garantir une modification effective des critères de régularisation.







