L’exploitation d’une carrière d’argile à ciel ouvert à Sacierges-Saint-Martin mobilisait les riverains depuis 2022. Un combat réussi pour l’association La Grosse tuile qui s’opposait à ce projet initié par la société Terreal. Récemment, le tribunal administratif de Limoges a tranché en faveur des opposants.
Cette décision est saluée comme une victoire symbolique pour les habitants. « Les riverains ont triomphé face à la multinationale, mais aussi aux autorités locales comme le Parc naturel régional de la Brenne et la communauté de communes. Ce combat, celui d’un petit groupe contre une grande corporation, s’est soldé par un succès pour le collectif berrichon », a écrit le blog de l’association Pas de vent chez nous - Avenir Boischaut, soulignant l'importance de cette lutte judiciaire.
Le projet de Terreal, une entreprise basée à Suresnes, prévoyait l'ouverture d'une carrière d'argile sur 50 hectares pour une durée de trois décennies. Cela visait à alimenter une usine de fabrication de tuiles à Roumazières-Loubert, dont les ressources en argile diminuaient. L’extraction prévue était de 67.000 tonnes par an, avec un maximum de 90.000 tonnes, à des profondeurs variées de 4 à 15 mètres.
Les critiques ont porté principalement sur les conséquences environnementales du projet. Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a exprimé des réserves, mentionnant les risques pesant sur plusieurs espèces animales protégées. Malgré cela, le préfet de l’Indre avait initialement validé le projet au mois de juillet 2024, jugeant que l’entreprise avait fourni des garanties suffisantes. Cela a incité l’association à saisir le tribunal administratif, mettant en avant des préoccupations géologiques et les dangers pour la vie des riverains, comme l’a indiqué Julien Sottiau, son président.
Le tribunal leur a finalement donné raison. « Ils ont réussi à repousser le bulldozer qui menaçait déjà leur qualité de vie. C'était un projet qui nous aurait inévitablement désavantagés, nous laissant supporter les nuisances alors que les bénéfices iraient à d’autres », a commenté l’association Pas de vent chez nous, en faisant un parallèle avec sa propre lutte contre les éoliennes.







