La municipalité RN de Castres a-t-elle banni un spectacle d'Alexis Michalik, l'un des dramaturges les plus en vue en France ? Initialement prévue pour février prochain, sa pièce 'Passeport', qui retrace le parcours d'un réfugié érythréen, vient d'être déprogrammée par le nouveau maire de la commune.
Au théâtre de Castres (Tarn), cette pièce devait être présentée le 27 février. Elle évoque la réalité complexe de l'intégration d'un migrant érythréen en France. Bien que programmée par l'ancienne équipe municipale, elle a été annulée par le maire Rassemblement National (RN) qui a déclaré que la pièce ne s'inscrivait plus dans la saison culturelle de la ville. D'après son directeur de cabinet, Xavier Fruleux, 'notre choix consiste à offrir des alternatives davantage alignées avec les attentes d'une culture populaire et divertissante'.
La décision a fait l'objet de justifications politiques à l'échelle nationale. Philippe Ballard, député RN de l'Oise, a réagi en qualifiant la pièce de 'propagande immigrationniste', précisant qu'en tant que maire RN, il ne souhaiterait pas en faire la promotion.
Une surprise pour les habitants
La majorité des habitants de Castres, interrogés le 10 juin, ont exprimé leur étonnement face à cette décision. 'C'est choquant de déprogrammer une pièce de théâtre sur des sujets aussi cruciaux, surtout en ce moment', a commenté une passante. Une autre ajouta : 'C'est dangereux de restreindre l'accès à la culture. Cela se fait petit à petit, et cela peut conduire à des conséquences néfastes.'
Certains habitants ont cherché à justifier le choix du maire, en affirmant que le RN avait été élu pour refléter une vision conforme aux préoccupations des électeurs, y compris en matière de financement culturel.
Alexis Michalik, l’auteur de 'Passeport', a exprimé son regret face à cette décision, qu’il juge idéologique : 'Il est rare d'annuler une pièce annoncée aussi tard. Si ce n’est pas de la censure, cela y ressemble fortement, car cela ne cadre pas avec la politique sous laquelle la municipalité a été élue.' Après avoir rencontré un grand succès à Paris, avec plus de 700 représentations et 90 dates prévues en région, une déprogrammation aussi inattendue soulève de nombreuses interrogations.







