Mercredi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a signalé un possible resserrement de sa politique monétaire, contredisant les attentes de Donald Trump qui l'a désignée à sa tête. À l'issue d'une réunion de deux jours, la banque centrale a décidé de maintenir ses taux d'intérêt entre 3,50% et 3,75%, sans surprise.
Les marchés ont toutefois été secoués par les nouvelles prévisions de la Fed, qui suggèrent qu'une hausse des taux pourrait survenir avant la fin de l'année, impactée par l'envolée des prix de l'énergie due à la crise au Moyen-Orient. L'inflation atteint des niveaux inédits depuis trois ans aux États-Unis.
Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, a adopté une approche prudente concernant les augmentations de taux, affirmant ne pas se fier aux prévisions économiques. Néanmoins, il a rassuré ceux qui pourraient craindre un relâchement, en promettant de ne pas laisser l'inflation déraper sous sa direction.
Il a déclaré : "L'inflation dépasse largement notre objectif de 2%. Ce problème perdure depuis plus de cinq ans et pèse lourdement sur les ménages américains." Warsh a aussi insisté sur la nécessité pour le comité de politique monétaire de "ramener la stabilité des prix".
À 56 ans, Warsh se retrouve sous haute surveillance en raison de sa nomination contestée. Les démocrates le qualifient de "pantin de Trump", alors que le président espérait qu'il procéderait à des baisses des taux, ayant critiqué son prédécesseur Jerome Powell pour une approche jugée trop rigide.
Préférant une attitude conciliatrice, Donald Trump a récemment déclaré : "C'est OK, peu importe" en réponse au statu quo monétaire. Il a ajouté avoir "du mal à croire" que la Fed pourrait augmenter ses taux, se montrant confiant dans les compétences de Warsh.
Diane Swonk, économiste chez KPMG, affirme que "la Fed est prête à relever ses taux, c'est indéniable". Elle souligne que l'institution fait clairement de la stabilité des prix sa priorité.
Au cours de cette réunion, le comité a mis à jour ses prévisions économiques, suggérant que les taux directeurs pourraient atteindre entre 3,75% et 4% d'ici la fin de l'année. Lesestimations des prix indiquent une augmentation de 3,6% d'ici fin 2026, soit une hausse par rapport aux projections de mars.
Les perspectives de croissance se dirigent vers un ralentissement, évalué à 2,2%, tandis que le taux de chômage devrait rester limité à 4,3%. Warsh, avant d'être nommé, avait critiqué l'utilité des prévisions économiques, qualifiant leur contraintes limitantes sur le processus décisionnel de la Fed.
Conscient des enjeux, il entend revoir le fonctionnement, les mentalités et la communication de l'institution, annonçant le lancement de cinq groupes de travail pour répondre au mieux aux défis économiques actuels.







