La direction du Parti communiste cubain (PCC) a donné son feu vert mercredi à une série de réformes visant à promouvoir une économie plus ouverte, alors que l'île est confrontée à une crise économique grave, amplifiée par les tensions avec Washington.
Selon les médias d'État, lors d'une plénière extraordinaire, le comité central a approuvé plusieurs propositions de transformation économique et sociale. Ces réformes, récemment proposées par le gouvernement, visent principalement à faciliter l'investissement privé, à encourager les Cubains vivant à l'étranger à investir et à réduire l'envergure de l'État.
Avant leur validation définitive, ces mesures doivent obtenir l'accord de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire, qui se réunira exceptionnellement jeudi, quelques jours après l'annonce faite par le président Miguel Diaz-Canel.
Dans un contexte où l'ex-président Raul Castro, bien que dénué de fonction officielle, reste influent à 95 ans, il a exprimé son soutien à ces réformes qu'il considère comme adaptées aux besoins actuels de la révolution cubaine. Sa lettre de soutien a été présentée lors de la réunion plénière, renforçant la légitimité des propositions.
Cette décision intervient alors que l'administration de Donald Trump met en place une stratégie de pression maximale sur Cuba, qui subit depuis de nombreuses semaines un embargo pétrolier. La Maison Blanche semble chercher à forcer un changement de régime sur l'île, située à seulement 150 kilomètres des côtes américaines.
- "Responsabilité sociale" -
Le Premier ministre Manuel Marrero a précisé via les réseaux sociaux que ces réformes ne signifient en aucun cas abandonner la responsabilité sociale de l'État. Le blocus pétrolier mis en place par Trump a déjà fragilisé une économie en crise, entraînant des pénuries de biens essentiels et des coupures de courant.
En plus de cela, Washington a intensifié les sanctions économiques, compliquant encore davantage la situation de la population havanaise, déjà éprouvée depuis longtemps par l'embargo de 1962. Le gouvernement cubain confie que ces nouvelles mesures devraient aider à atténuer la crise actuelle.
Le président Diaz-Canel a souligné que l'éventail d'activités accessibles aux entreprises privées sera étendu au maximum. Depuis 2021, des entreprises privées de moins de 100 employés existent à Cuba, où environ 10.000 entreprises privées jouent un rôle de plus en plus crucial dans l'économie, englobant un tiers de la main-d'œuvre.
Il a également annoncé que les conditions pour les Cubains vivant à l'étranger seront considérées identiques à celles des investisseurs étrangers, ce qui pourrait attirer de nouveaux investissements dans le pays, malgré les réticences dues aux sanctions.
Par ailleurs, le gouvernement a déjà ouvert la voie à des entreprises mixtes associant l'État et le secteur privé, permettant ainsi à la diaspora cubaine d'investir dans des entreprises privées.
Concernant l'infrastructure gouvernementale, Miguel Diaz-Canel a également évoqué des plans de restructuration de l'appareil d'État, impliquant une réduction du nombre de ministères et de fonctionnaires. Un propriétaire d'un petit supermarché privé à La Havane, ayant choisi de rester anonyme, s'est exprimé sur ces réformes : "J'accueille favorablement tout changement qui contribue à ranimer le patient mourant".







