Le président du Medef, Patrick Martin, a récemment exprimé sa vive préoccupation concernant la possible reconduction de la surtaxe d'impôt sur les sociétés (IS) en 2027. Lors d'une conférence de presse, il a fait savoir que son organisation était résolument opposée à cette mesure qui, selon lui, pourrait nuire à l'économie.
« Nous sommes très inquiets. Des discussions avancées au sein du gouvernement évoquent une reconduction, peut-être sous une forme amoindrie, de cette surtaxe », a-t-il déclaré. L'inquiétude de Martin se renforce d'autant plus après un déjeuner avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, où ce sujet a été discuté. « Nous avons exprimé nos regrets face à l'absence de respect des engagements pris par l'État », a-t-il ajouté.
Introduite en 2025 pour une durée d'un an, cette surtaxe, qui génère environ 8 milliards d'euros de recettes annuelles, a été prolongée cette année. Martin a critiqué ce qu'il décrit comme une détérioration du crédit politique de l'État, en raison de ses promesses non tenues. « La notion selon laquelle cette surtaxe ne toucherait que 400 grandes entreprises est trompeuse. Son impact en cascade affecte également les plus petites entreprises », a-t-il soutenu.
Bien qu'il reconnaisse la difficulté de soutenir cette position face à des accusations de protection des plus riches, Martin insiste sur le fait qu'il s'agit d'une question d'entreprise, et non d'actionnaires. Il a également exprimé son pessimisme quant à la mise en œuvre de l'engagement pris par les gouvernements précédents de réduire la CVAE, un impôt de production dont la suppression n'a été que partiellement réalisée.
« Les gouvernants prennent souvent des décisions qui vont à l'encontre de leurs idéaux », a-t-il critiqué, faisant référence aux récentes alliances politiques qui ont façonné les derniers budgets. Face à une bataille économique complexe, Martin prédit que la morale des chefs d'entreprise pourrait atteindre un point de rupture si ces tendances se poursuivent.







