Surnommé par certains le "Centre français de la contrefaçon", le célèbre "Marché du Soleil" de Marseille se retrouve au centre d'une affaire judiciaire qui pourrait sceller son sort. À partir de ce lundi, un procès s'ouvre, remettant en question l'avenir de cette institution locale.
Lors d'une opération menée en février, les autorités ont saisi plus de 200.000 articles contrefaits, d'une valeur totale près de 42 millions d'euros, illustrant l'ampleur du phénomène dans cet emblématique bazar non loin de la gare Saint-Charles.
Une partie de ces articles, incluant des imitations de célèbres marques comme Nike, Vuitton ou Hermès, a été détruite symboliquement quelques jours avant le début du procès, renforçant le message de fermeté des autorités. Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a dénoncé ce marché comme étant devenu le "centre français des marchandises contrefaisantes".
Dans les guides touristiques, le Marché du Soleil était réputé comme une attraction incontournable de la ville, une situation qui fait désormais scandale.
À la suite de cette enquête, le marché, qui a ouvert ses portes il y a 45 ans, est fermé administrativement depuis février, avec une suspens de six mois qui pourrait être prolongé.
En tout, 18 personnes, dont trois sociétés, face à la justice pour des accusations graves telles que "détention et vente d'articles contrefaits en bande organisée" et "blanchiment d'argent". Parmi ces prévenus, trois agents de police municipale sont également ainsi que d'autres figures impliquées dans un système complexe de corruption.
La figure centrale de cette affaire est Georges Dahan, propriétaire des 3.600 mètres carrés du marché, accusé d'avoir négligé la gestion de son espace face à une montée inquiétante de la contrefaçon. Son avocat, Stéphane Ceccaldi, souligne que son client n'est en aucun cas un marchand de produits contrefaits, mais un bailleur dépassé par les événements.
Lors d'une descente effectuée, les enquêteurs ont découvert un arsenal de matériel de confection de contrefaçons, incluant machines à coudre et presses à floquer. Le sort du Marché semble compromis, entre procédures judiciaires, risque de confiscation des lieux, et demandes d'indemnités des marques de luxe, telles que Dior et Hermès.
Georges Dahan est également menacé par des poursuites supplémentaires pour avoir ignoré des arrêtés municipaux sur la sécurité des lieux. En 2024, la France a enregistré la saisie de 21,47 millions d'articles contrefaits, selon l'Union des Fabricants (Unifab), témoignant de l'ampleur de ce fléau qui continue d'impacter le secteur du luxe.







