« Profiter de la marche à la guerre ne sera jamais bénéfique aux travailleurs », a déclaré la CGT dans un communiqué. Le syndicat a exprimé son inquiétude jeudi face aux nouvelles orientations militaires annoncées par Renault lors du salon Eurosatory, informant que cela « choque de nombreux salariés ».
Cette semaine, Renault a dévoilé deux projets en collaboration avec le groupe de défense Thales. L'un concerne la fabrication de véhicules multimissions disposant de fonctionnalités de commandement mobile, tandis que l'autre porte sur la production en série d'un drone explosif dénommé « Toutatis », dont le lancement est prévu pour 2027. La CGT conteste fermement ces décisions, précisant que contrairement aux déclarations de François Provost au journal Le Monde, ces initiatives ne bénéficient pas du “plein soutien des salariés de Renault”.
« Les discussions dans les bureaux et les ateliers révèlent que beaucoup de salariés rejettent cette orientation. Ils ont rejoint Renault pour fabriquer des voitures, pas des armements », affirme le syndicat. Cette opposition, souligne-t-il, a contraint la direction à avancer “masquée” dans la mise en œuvre de ces projets militaires.
De plus, la CGT s'insurge notamment contre la commercialisation du drone Toutatis, dont le PDG de Thales, Patrice Caine, a clairement indiqué que son principal objectif sera l'exportation. Pendant ce temps, François Provost assure que les travaux en cours se limitent aux contrats de l'armée française. Il est à noter que la CGT a été informée tardivement de ces développements au cours d'une réunion du 17 juin, après les annonces publiques.
Depuis février dernier, Renault avait déjà amorcé son entrée dans le secteur de la défense avec le projet de production d'un drone appelé Chorus, fabriqué en série sur son site du Mans. Le constructeur avait précisé que les salariés impliqués dans ce projet étaient recrutés sur la base du volontariat, et qu'il avait reçu plus de candidatures que de postes disponibles.







