Le 68e sommet des chefs d'État du Mercosur, tenu mardi au Paraguay, a souligné les tensions entre ses membres concernant l'accord commercial avec l'Union européenne, tout en témoignant de la solidarité envers le Venezuela frappé par de récents séismes.
Santiago Peña, le président paraguayen et hôte du sommet, a ouvert la rencontre par une critique virulente des "asymétries" au sein du bloc. "Le terrain n'est pas égal pour tout le monde ; nous n'avons ni le même marché, ni les mêmes infrastructures", a-t-il déclaré, soulignant l'importance d'une réflexion sur ces inégalités, surtout à l'heure où l'accord avec l'UE, négocié en janvier dernier, attend encore sa ratification.
Avec 35 ans d'existence, M. Peña a exigé des "résultats concrets" pour remédier à ce qu'il perçoit comme des déséquilibres aigus. "À quoi bon négocier avec l'Europe si cela n'apporte rien à ceux qui en ont le plus besoin ?", a-t-il lancé, insistant sur la nécessité d'une approche équitable au sein du Mercosur. "Un bloc sans justice n'est pas une vraie fraternité", a-t-il ajouté avec force.
L'UE propose des contingents d'importation, mais la répartition de ces privilèges suscite des inquiétudes. "Si nous voulons être crédibles à l'international, il faut d'abord que nous soyons justes à l'intérieur", a-t-il insisté.
Le sommet a réuni des présidents influents tels que Luiz Inácio Lula da Silva (Brésil), Rodrigo Paz (Bolivie), et Yamandú Orsi (Uruguay), ainsi que des leaders de pays associés comme José Antonio Kast (Chili) et Daniel Noboa (Équateur). En revanche, l'Argentin Javier Milei a annulé sa visite en raison de turbulences politiques internes, à la suite de la démission de son chef de cabinet.
Les chefs d'État ont approuvé le lancement de négociations pour un accord de libre-échange avec le Japon et ont discuté des enjeux techniques de l'accord avec l'UE, entré en vigueur en mai.
Le président Lula, lors de son discours, a demandé une minute de silence en mémoire des victimes des tremblements de terre au Venezuela, renforçant l'idée de solidarité régionale. "Ces tragédies nous rappellent l'importance de l'entraide", a-t-il déclaré.
Yamandú Orsi, le président uruguayen, a également annoncé que des autorités de gestion des risques du Mercosur se réunissent pour aider le Venezuela, bien que peu de détails aient été fournis sur les mesures concrètes. Par ailleurs, Kast a pris la parole pour évoquer un autre type de séisme, celui du crime organisé, qu'il a décrit comme une menace silencieuse mais tout aussi dévastatrice.
Enfin, le Mercosur a affirmé son soutien indéfectible au gouvernement de Rodrigo Paz en Bolivie, faisant front face à des mouvements de contestation. M. Peña a rejeté fermement toute tentative de déstabilisation, en défendant la légitimité du gouvernement bolivien.
M. Paz, quant à lui, a reconnu les moments difficiles que traverse son pays, remerciant ses homologues pour leur soutien face à des menaces sur l'ordre constitutionnel.







