L'argentine investit 1,2 milliard dans un réacteur nucléaire malgré des coupes budgétaires

Un nouveau projet nucléaire en Argentine fait polémique après des licenciements massifs.
L'argentine investit 1,2 milliard dans un réacteur nucléaire malgré des coupes budgétaires
Vue de la centrale nucléaire d'Atucha II à Lima, dans la province de Buenos Aires, prise le 18 septembre 2025. - AFP
L'Argentine a récemment dévoilé un projet ambitieux de réacteur nucléaire modulaire de 300 MW, entièrement financé par des investissements privés. Une annonce qui intervient alors que le pays traverse une période de licenciements dans le secteur nucléaire public, soutenue par le président Javier Milei.

Mardi dernier, les autorités argentines ont officialisé la construction d'un nouveau réacteur nucléaire près de Buenos Aires, un investissement de 1,2 milliard de dollars entièrement soutenu par le secteur privé, alors que la Commission nationale de l'énergie nucléaire (CNEA) est confrontée à des réductions budgétaires dramatiques.

Le président argentins Javier Milei a marqué ce projet comme étant le "premier réacteur nucléaire financé à 100 % par des capitaux privés", promettant également la création de 2000 emplois pour les Argentins.

L'entreprise Meitner Energy, qui regroupe des investisseurs américains et argentins, a reçu le feu vert pour déployer ces 1.200 millions de dollars dans la construction d'un réacteur modulaire de 300 MW à Atucha, au nord de la capitale, comme l’a précisé le porte-parole de la présidence, Adrián Ravier, lors d'une conférence de presse.

Bien que la part de l'énergie nucléaire dans le mix énergétique argentin soit relativement faible, elle reste cruciale. À l’heure actuelle, le pays dispose de trois réacteurs répartis sur les sites d'Atucha et Embalse, générant entre 7 et 8 % de l'électricité nationale.

L'énergie nucléaire est la seule suffisamment efficace

Au-delà de cette annonce, l'Argentine se distingue par sa maîtrise de l'ensemble de la chaîne nucléaire en Amérique latine, une expertise qu'elle développe depuis les années 1950 avec la CNEA. À l'heure où d'autres pays sur le continent luttent pour développer une telle infrastructure, seuls le Brésil et le Mexique les rejoignent dans cette technologie.

Cependant, la stratégie du gouvernement de Javier Milei suscite des interrogations. En effet, tout en se présentant comme un fervent partisan de l'énergie nucléaire, le président a drastiquement réduit les financements alloués à la CNEA, amputant son budget de 58 % en termes réels, comme l’a rapporté le média argentin Chequeado.

Cette décision a entraîné des grèves et des manifestations, notamment après le licenciement de 61 employés, principalement dans le secteur administratif, au sein de la CNEA. En tout, une centaine d'employés sur 3.000 ont été remerciés au cours de la dernière semaine, une mesure qui s'aligne sur les politiques d'austérité mises en œuvre par le gouvernement argentin.

"L'énergie nucléaire est la seule suffisamment efficace, abondante et rapidement évolutive pour faire face au développement de notre civilisation," affirmait Milei en 2024, soulignant l'importance de promouvoir cette technologie.

Cette situation illustre un dualisme : d'un côté, un projet de développement énergétique innovant qui pourrait transformer le paysage énergétique argentin, de l'autre, des coupes budgétaires sévères qui pourraient compromettre l'avenir de la recherche et du développement en matière d'énergie nucléaire.

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