Le blocage du 21e paquet de sanctions de l'Union européenne (UE) par la Grèce suscite de vives tensions au sein de l'institution. Athènes s'oppose à l'interdiction du transport de gaz naturel liquéfié (GNL) russe, indispensable pour la compagnie Dynagas, dirigée par le milliardaire George Prokopiou, l'un des principaux acteurs mondiaux dans ce secteur. Selon le Financial Times, la position de la Grèce met en péril les efforts européens visant à isoler Moscou économiquement.
Le débat se concentre sur les nouvelles mesures interdisant le transport maritime de GNL russe par les entreprises de l'UE vers des pays tiers, tels que la Chine et l'Inde. Cette initiative, qui vise à restreindre la capacité de la Russie à exporte son gaz, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour Dynagas, qui a déjà transporté plus de 10 millions de tonnes de GNL russe depuis le début de l'année 2025.
Le représentant grec a souligné, lors d'une récente réunion des ambassadeurs européens, que cette mesure pourrait mener à la faillite de Dynagas. L'entreprise possède une flotte de navires Arc7, spécialement conçus pour naviguer dans les eaux arctiques, estimés à 300 millions de dollars chacun. Athènes estime que ces navires, ne pouvant pas être redéployés facilement, seraient cédés à des acteurs non occidentaux si les sanctions sont appliquées.
Cette affaire souligne également l'influence croissante de Prokopiou dans le domaine du transport maritime, lui qui contrôle également Dynacom. Cette entreprise aurait généré des revenus conséquents grâce au transport de pétrole brut russe. Les mesures proposées par l'UE, qui comprennent des restrictions sur diverses banques russes et des mécanismes de plafonnement des prix, sont aussi contestées par d'autres États membres qui craignent pour leurs entreprises.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a reconnu les divergences au sein de l'UE sur ces propositions. Elle a déclaré : "Nous cherchons un compromis. Si nous échouons, un plan B sera nécessaire." Cette situation révèle le déséquilibre entre la volonté de punir Moscou et la réalité économique des États membres. Avec des millions en jeu, la question demeure : jusqu'où ira l'UE pour maintenir son unité et contrer les revenus de guerre de la Russie ?







