Le Crous de Châteauroux, qui satisfait près de 350 étudiants chaque jour, est à l'avant-garde d'une initiative nommée "Mon restau s'engage". Ce programme se consacre à promouvoir des repas faits maison, tout en introduisant une série d'améliorations appréciées tant par les étudiants que par le personnel de restauration.
Il y a deux ans, ce restaurant universitaire a été le premier de la région à s'engager dans ce parcours visant à optimiser divers aspects de son offre, qu'il s'agisse de la qualité des plats ou de la traçabilité des ingrédients. Les prix sont ultra-accessibles : moins de 1 euro pour les boursiers et jusqu'à 9 euros pour les non-boursiers, permettant ainsi de favoriser une alimentation de qualité à un coût raisonnable.
Les retours des étudiants sont élogieux. Lors d'une récente visite, le menu incluait un « hachis parmentier maison » ainsi qu'une option végétarienne, préparée par le chef Ludovic et son équipe. "Le végétarien est à la demande", explique-t-il. "Tout est fait sur place, c'est notre fierté". Allison, une étudiante, témoigne : "C'est bon, c'est propre, je n'ai rien à redire". Virginie Laurier, la directrice, souligne aussi l'importance de communiquer sur ces efforts : "Nous avons longtemps fait du fait maison sans le dire. Nous commençons à 7h pour préparer de bons repas. C'est beaucoup de travail mais c'est gratifiant".
Un des points forts du programme est l'intégration de produits labellisés bio, renforçant ainsi l'engagement envers une alimentation de qualité. "Les viandes proviennent de fournisseurs engagés pour le bien-être animal, tels que 'Bleu, blanc, cœur'", précise-t-elle. Cela requiert toutefois une adaptation des méthodes de travail, rendant nécessaire une réflexion continue sur les menus.
La question de l'option végétarienne a également été abordée. La directrice a noté que les étudiants avaient des appréhensions. "Nous avons décidé de moins le mentionner et de mettre en avant des plats gourmands, tels que des pizzas aux trois fromages, pour séduire davantage". Allison n'hésite pas : "Je ne suis pas végétarienne, mais je suis ouverte à l'idée d'essayer".
Une autre innovation constatée est l'invitation à limiter le gaspillage alimentaire. À la caisse, Fabienne propose aux étudiants du pain, ce qui les fait réfléchir sur leurs choix : "Cela les pousse à se poser la question de leur besoin réel". Grâce à cette initiative, le Crous a réussi à passer de 147 grammes de déchets alimentaires par personne à 45 grammes.
Madame Laurier a des objectifs ambitieux, notamment l'intégration croissante de produits biologiques locaux. "Nous tenons à ce que nos ingrédients proviennent d'exploitations à proximité, tant que cela est possible, ce qui contribuera encore à réduire notre empreinte écologique".
Le Crous de Châteauroux illustre ainsi comment l'engagement en faveur d'une restauration de qualité, écoresponsable et économique est non seulement possible, mais peut aussi enthousiasmer les étudiants et équilibrer les enjeux économiques de la restauration universitaire. Cette dynamique pourrait inspirer d'autres Crous dans la région, comme l'exemple cité par France Bleu, qui met aussi l'accent sur des mesures similaires pour réduire le gaspillage et améliorer les conditions de travail des équipes.







