Mogadiscio (AFP) – Gideon Saar, le ministre israélien des Affaires étrangères, a effectué une visite remarquée au Somaliland, un territoire autoproclamé récemment reconnu par Israël. Cette incursion a été fermement condamnée par le gouvernement somalien, qui la qualifie d'"interférence inacceptable" dans ses affaires intérieures.
Depuis le 26 décembre, Israël est le premier pays à avoir reconnu le Somaliland comme un "État indépendant et souverain" depuis sa sécession de la Somalie en 1991, à une époque où le pays sombrait dans le chaos après la chute du régime dictatorial de Siad Barre. Les autorités israéliennes, en défendant leur droit à des relations diplomatiques, ont provoqué l'indignation de Mogadiscio et de plusieurs nations africaines et musulmanes, qui estiment que cela constitue une atteinte à la souveraineté somalienne.
Lors de sa visite à Hargeisa, capitale du Somaliland, Saar a rencontré le président Abdirahman Mohamed Abdullahi, surnommé "Irro", ainsi que d'autres hauts responsables, soulignant que le Somaliland se distingue par sa stabilité démocratique depuis près de 35 ans. « Contrairement à la Palestine, le Somaliland n'est pas un État virtuel mais bien un État fonctionnel », a-t-il affirmé avec conviction.
À ce sujet, le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a exprimé des préoccupations quant aux intentions d'Israël, affirmant que le Somaliland aurait accepté des conditions controversées, telles que la réinstallation de Palestiniens et l'établissement d'une base militaire pour ainsi renforcer des relations avec l'État hébreu. Cependant, ces allégations ont été réfutées par les autorités du Somaliland, qui insistent sur le fait que leurs discussions avec Israël sont strictement diplomatiques.
Les réactions à cette visite ont été mitigées. Des experts en géopolitique estiment que cette alliance pourrait être particulièrement avantageuse pour Israël en raison de la position stratégique du Somaliland face aux récents conflits au Yémen, notamment face aux attaques des rebelles houthis, soutenus par l'Iran. La sécurité a été renforcée autour de Hargeisa, signe de l'importance de cette visite, tandis que l'Union africaine a exigé la rétractation de la reconnaissance d'Israël envers le Somaliland lors d'une réunion spéciale.
Enfin, cette visite marque une étape historique pour les relations internationales de la région et pose des questions sur l'avenir de la Somalie et du Somaliland dans le cadre d'une dynamique de reconnaissance mondiale. Avec des promesses d'aide israélienne dans divers domaines, le Somaliland espère établir un partenariat stratégique qui pourrait transformer son développement économique et politique à long terme.







