Tensions en Iran : le pétrole en première ligne des menaces de Trump

Les menaces militaires de Trump font trembler le marché pétrolier. Analyse.
Tensions en Iran : le pétrole en première ligne des menaces de Trump

Le président américain, Donald Trump, a récemment mis en garde l'Iran, menaçant de "frapper très fort" si les autorités persistaient à réprimer les manifestations par la violence. Ces déclarations surviennent alors que des reports d'une brutalité excessive à l'égard des manifestants soulèvent des inquiétudes quant à la stabilité du pays, déjà en proie à des troubles.

Selon les analystes, cette escalade des tensions pourrait sérieusement perturber la production pétrolière de l'Iran, le quatrième producteur de l'Opep. L'ONG Iran Human Rights a rapporté la mort confirmée d'au moins 192 manifestants, mais le bilan pourrait être plus lourd, qualifiant même la situation de "massacre".

Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill, souligne que "l'escalade des manifestations en Iran suscite des inquiétudes quant aux perturbations potentielles de l'approvisionnement". De plus, le principal syndicat pétrolier iranien a récemment appelé à des grèves dans deux raffineries, exacerbé par l'atmosphère tendue.

John Plassard, analyste chez Cité Gestion Private Bank, note la possibilité d'un "choc sur la production pétrolière" à cause des coupures d'internet et des violences en cours, incitant le marché à intégrer une prime de risque dans les prix du brut.

Pourtant, malgré ces tensions, les prix du pétrole n'ont pas subi de flambée significative. En effet, au début de la semaine, le prix du baril de Brent a légèrement progressé, atteignant 63,22 dollars, tandis que le West Texas Intermediate était à 58,88 dollars.

L'économiste Sylvain Bersinger a analysé que cette "faiblesse des cours du pétrole (un peu plus de 60 dollars le baril de brent début 2026) érode la seule force économique du pays", aggravant ainsi les défis économiques de l'Iran. Les experts estiment que le marché attribue un faible risque à une intervention militaire américaine, alors qu'une répression brutale par le régime iranien est jugée plus probable.

Trump a également laissé entendre que les dirigeants iraniens souhaitent "négocier", ajoutant que des discussions seraient "en cours de préparation". Cependant, une levée des sanctions, même temporaire, pourrait avoir des conséquences négatives pour les prix du pétrole, selon Plassard, qui qualifie la situation iranienne de "bombe d'offre prête à exploser".

En période de tensions géopolitiques, l'Iran pourrait rapidement réinjecter jusqu'à 1,5 million de barils par jour sur le marché, ce qui ferait mécaniquement baisser les prix. Actuellement, la plupart des experts s'accordent à dire que toute nouvelle sanction de l'Union européenne pourrait complexifier la situation, comme l’a souligné un porte-parole de l'UE, qui a affirmé que "des sanctions plus sévères seront proposées suite à la répression des manifestants".

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