Lors d'une journée marquée par une aversion au risque, la Bourse de Paris montrera une légère baisse. En effet, des menaces de poursuites contre la Réserve fédérale américaine (Fed) pour fraude, émanant du ministère de la Justice des États-Unis, créent une atmosphère anxiogène pour les investisseurs.
Vers 10h00, l'indice CAC 40 affichait une diminution de 0,40%, soit une perte de 33,14 points, se stabilisant à 8.328,95 points. La semaine précédente, cet indice avait connu une hausse notable de 1,44%, atteignant un nouveau sommet historique à 8.362,09 points.
D’après Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown, les marchés européens ouvrent prudemment : « Les investisseur doivent faire face à de nouvelles incertitudes politiques et à un accroissement des tensions géopolitiques. »
Le président de la Fed, Jerome Powell, a annoncé une convocation par le ministère de la Justice, suscitant des inquiétudes quant à la possibilité d'une inculpation, suite à une audition de juin dernier. Ces pressions se déroulent dans le contexte d'une demande de Donald Trump de réduire les taux d'intérêt, alors que l'inflation reste au-dessus de la cible de 2%.
Trump a même accusé la Fed de n'avoir pas respecté le budget de rénovation de son siège à Washington, évoquant des fraudes supposées. Jerome Powell a nié ces allégations, insinuant que ces critiques visent davantage à influencer son successeur potentiel à la tête de la Fed. « La Maison-Blanche souhaite dicter la politique des taux d’intérêt », souligne Neil Wilson de Saxo Markets.
Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, met en lumière les implications de cette ingérence : « Les marchés pourraient envoyer un message clair au président : une intervention étrangère est une chose, mais l'ingérence dans la politique intérieure n'est pas acceptable. »
Un secteur de la défense en croissance
Face à un climat géopolitique particulièrement tendu, le secteur de la défense affiche des signes de force. Ces turbulences sont exacerbées par des menaces d’opérations militaires américaines en Iran, où le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’Iran est prêt tant pour des négociations que pour la guerre.
La semaine écoulée avait déjà été marquée par l'éventualité d'un renversement au Venezuela et par la fixation des yeux de Trump sur le Groenland, consolidant ainsi un sentiment général de volatilité sur les marchés. À Paris, des entreprises comme Thales et Dassault Aviation réussissent à grimper, respectivement de 0,71% et 1,49%, atteignant 267,90 euros et 313,20 euros.
Avec une telle dynamique, l'incertitude politique pourrait continuer à peser sur la Bourse de Paris, amenant les investisseurs à redoubler de vigilance dans les jours à venir.







