En France, la consommation textile atteint des sommets : chaque citoyen possède en moyenne 175 vêtements et en acquiert 42 neufs par an, un chiffre qui ne prend pas en compte le marché de la seconde main. Cette tendance galopante de l'ultra fast fashion pose la question de l'oniomanie, un trouble comportemental caractérisé par l'addiction compulsive aux achats.
Le Dr Céline Duc-Goninaz, psychiatre addictologue à l’hôpital Valvert à Marseille, souligne que derrière cet acte d'achat peut se cacher une réelle souffrance psychologique. Selon ses propos, chaque acte d'achat répond à un besoin émotionnel : "Lorsque les gens consomment, ils cherchent souvent à apaiser des frustrations ou des angoisses". Cette dynamique auto-renforçante crée un cycle vertueux de consommation, où l'achat temporaire de vêtements devient une solution à des problèmes plus profonds.
Une étude recent publiée par l'organisme Refashion atteste qu'une grande partie des vêtements achetés reste inutilisée, accentuant ainsi la problématique de la surconsommation et de ses conséquences sur l'environnement. ''Les Français sont pris dans un tourbillon de promotions et de nouveautés, souvent au détriment de leur budget et de leur bien-être'', ajoutent des experts en consommation. Les plateformes comme Shein exploitent cette tendance, proposant des vêtements à bas prix qui se renouvellent à une vitesse fulgurante.
Face à une telle dynamique, certains experts suggèrent de repenser notre rapport à la consommation et d'opter pour des pratiques plus écoresponsables. La montée des modes de consommation alternatifs, tels que la seconde main ou l'échange entre particuliers, apparaît comme une réponse potentielle pour sortir de ce cycle d'ultra fast fashion insoutenable. En effet, des initiatives comme des friperies locales ou des applications de partage se multiplient, offrant des alternatives qui privilégient la durabilité.
En conclusion, il est crucial de prendre conscience de la manière dont nos comportements d'achat influencent notre santé mentale et notre environnement. La prise de conscience de cette problématique pourrait, espérons-le, mener à une transformation des habitudes de consommation vers un modèle plus durable et conscient.







