Le monde observe avec inquiétude la situation dans le détroit d'Ormuz, où 20 % de la consommation pétrolière mondiale transite, principalement vers l'Asie. Bien que le passage ne soit pas totalement bloqué, le trafic maritime a chuté depuis le début de l'intervention israélo-américaine en Iran. En réaction à l'augmentation des primes d'assurance, de nombreuses compagnies suspendent leurs opérations, entraînant un quasi-arrêt des expéditions.
Les prix du pétrole et du gaz ont bondi, notamment après que Téhéran a ciblé des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite. Le 2 mars, le baril de pétrole approchait les 80 dollars, enregistrant une augmentation de près de 10 % depuis quelques jours.
Selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), "la majorité des volumes transitant par le détroit n'ont d'autre moyen de quitter la région". Bien qu'il existe des oléoducs alternatifs, leur capacité reste limitée et insuffisante pour compenser la totalité des hydrocarbures normalement expédiés par voie maritime.
"Nous estimons qu’environ 2,6 millions de barils de pétrole par jour pourraient être redirigés pour contourner le détroit d’Ormuz en cas de rupture d’approvisionnement", ajoute l'EIA.
Cela ne représente que 13 % des 20 millions de barils habituellement transportés quotidiennement.
Des alternatives en Arabie saoudite
Principale variable du jeu, l'Arabie saoudite dispose d'un oléoduc de 1.200 kilomètres capable de transporter jusqu'à 5 millions de barils par jour, mais il est déjà en partie utilisé. Selon le Center for Strategic and International Studies (CSIS), ce pipeline peut rediriger seulement la moitié des exportations saoudiennes annuellement passantes par Ormuz.
Les Émirats Arabes Unis, quant à eux, ont un oléoduc qui permet de contourner le détroit et débouche dans le golfe d'Oman, avec une capacité de 2 millions de barils par jour, mais il est également déjà largement utilisé.
La situation de l'Iran
De son côté, l'Iran possède également un oléoduc, mais avec une capacité limitée à environ 300.000 barils par jour. La majeure partie de ses exportations, principalement destinées à la Chine, transitent par la mer via l'île de Kharg. Une fermeture prolongée pourrait engendrer des pertes conséquentes pour Téhéran, ce qui rendrait une telle option peu probable, sauf en cas de provocations majeures.
Les autres pays exportateurs de la région, comme l'Irak, le Koweït ou le Qatar, n'ont pas de voies de contournement alternatives au détroit d'Ormuz, rendant toute perturbation du trafic maritime extrêmement problématique pour leurs économies respectives.
Selon les analystes d'Oxford Economics, bien qu'une forte perturbation soit peu imminente, une escalade prolongée des conflits pourrait inciter Téhéran à adopter des mesures plus radicales en matière de blocages.
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