Les Bourses européennes ont ouvert ce jeudi sur une note largement négative, affectées par l'augmentation frappante des prix de l'énergie et un discours jugé prudent de la Réserve fédérale (Fed) la veille, juste avant la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) prévue dans l'après-midi.
Quinze minutes après l'ouverture, tous les indices majeurs affichaient des pertes significatives : -1,41% pour le DAX allemand, -1,06% pour le CAC 40 à Paris, -1,14% à Londres et -1,15% à Milan.
Cette chute des marchés a été catalysée par une flambée des prix du gaz européen. À peine après l'ouverture, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence sur le marché, a grimpé de 28,06%, atteignant 70 euros le mégawattheure, après avoir enregistré une augmentation maximale de 35%.
Le pétrole a également marqué une forte hausse : vers 08H00 GMT, le prix du Brent, référence mondiale du brut, augmentait de 5,91%, dépassant les 113 dollars le baril. En comparaison, le WTI américain se négociait à 97,34 dollars, enregistrant une hausse de 1,06%.
Les marchés réagissent à la situation géopolitique tendue, notamment suite aux attaques d'infrastructures pétrolières et gazières dans le cadre du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Au Koweït, deux raffineries ont été ravagées par une attaque de drones jeudi matin.
Le président américain a même menacé de détruire le vaste champ gazier iranien de South Pars, suite à une attaque potentielle de l'Iran contre un site de production de gaz naturel liquéfié au Qatar.
Mercredi soir, Wall Street a lui aussi terminé dans le rouge, avec le Dow Jones en recul de 1,63%, le Nasdaq perdant 1,46%, et le S&P 500 cédant 1,36%. Ce mouvement a eu lieu après les déclarations de Jerome Powell, président de la Fed, qui a annoncé le maintien des taux directeurs tout en mettant en garde contre les incertitudes liées aux événements au Moyen-Orient.
"Les conséquences des événements au Moyen-Orient sur l'économie américaine restent incertaines", a-t-il affirmé. Powell a également alerté sur une possible augmentation de l'inflation à court terme, due à la hausse des prix de l'énergie.
L'analyste John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank, déclare : "Nous sommes pénalisés par deux facteurs majeurs : un discours de la Fed plus prudent que prévu et les hausses successives du pétrole." Ipek Ozkardeskaya, analyste de la banque Swissquote, partage son point de vue : "Les remarques de Powell étaient plutôt équilibrées. Si nous voyons des progrès sur l'inflation d'ici la mi-année, nous pourrions envisager une baisse des taux. Cependant, l'incertitude demeure."
Les marchés focalisent leur attention sur la réunion de la BCE prévue dans l'après-midi. À l'instar de la Fed, la BCE ne s'attend pas à augmenter ses taux face à la montée des prix de l'énergie et aux risques inflationnistes. Toutefois, les déclarations de la présidente Christine Lagarde seront scrutées de près.
Ipek Ozkardeskaya souligne que le communiqué de la BCE pourrait être restrictif, laissant entrevoir un resserrement possible de la politique monétaire en fonction des développements du conflit au Moyen-Orient et de leur impact sur les prix du pétrole à moyen terme.
Sur le marché obligataire, les taux d'intérêt ont également augmenté : le rendement des emprunts allemands à dix ans s'établissait à 2,96%, tandis que l'équivalent français atteignait 3,65%, en hausse par rapport aux jours précédents.







