L'Agence internationale de l'énergie (AIE) est en discussion avec des gouvernements asiatiques et européens concernant un possible déblocage supplémentaire de réserves de pétrole, en raison des tensions résultant de la guerre en Iran. Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE, a noté lors d'une conférence au National Press Club de Canberra que, si nécessaire, l'agence se préparerait à agir rapidement. "Nous surveillerons attentivement la situation et évaluerons les marchés", a-t-il déclaré.
Le 11 mars, à la suite des répercussions des conflits géopolitiques, les membres de l'AIE avaient déjà décidé de libérer un volume sans précédent de 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques pour contenir l'augmentation des prix mondiaux du brut. Ce prélèvement représentait environ 20 % des stocks globaux. Birol a précisé qu'il n'existait pas de seuil de prix déterminé pour déclencher de futures interventions.
"Un déblocage des réserves contribuera à rassurer les marchés, mais cela ne résoudra pas le problème. C'est une mesure temporaire pour atténuer les difficultés économiques", a-t-il ajouté.
Birol a commencé sa tournée mondiale à Canberra, un point névralgique de la crise, étant donné la dépendance de la région Asie-Pacifique aux produits pétroliers et autres ressources stratégiques telles que les engrais et l'hélium, souvent transportés via le détroit d'Ormuz. Après ses entretiens avec le premier ministre australien Anthony Albanese, il se rendra au Japon pour une réunion du G7, portant avec lui un message d'urgence sur l'état du marché de l'énergie.
Qu'une partie de ce que l'AIE pourrait faire
"La gravité du problème n'a pas été suffisamment perçue par les décideurs mondiaux", a-t-il ajouté, justifiant sa prise de parole après trois semaines d'un silence relatif.
Il a aussi précisé que la diminution des réserves n’est qu’un aspect des actions possibles de l’AIE. D'autres approches, comme la réduction des limitations de vitesse ou le télétravail, avaient contribué à réduire la consommation énergétique en Europe en 2022. Chaque pays devra décider des meilleures stratégies pour économiser du carburant, a-t-il souligné. Malgré des réserves de carburants moins importantes que celles recommandées par l'AIE, l’Australie met en place des mesures améliorant sa situation, tandis que Fatih Birol valide que 30 jours de diesel est un "chiffre solide".







