Municipales : vers un second tour plein de suspense

Les électeurs votent aujourd'hui et le suspense est à son comble dans de nombreuses villes.
Municipales : vers un second tour plein de suspense
©Sameer AL-DOUMY, AFP - Une électrice vote pour le second tour des municipales, le 22 mars 2026 à Lille

Ce dimanche, les électeurs se rassemblent pour le second tour des élections municipales, affichant une participation similaire à celle du premier tour à 17h00, alors que l'incertitude règne dans plusieurs grandes villes françaises, à un an de la présidentielle.

Près de 17,1 millions d'électeurs sont invités à voter dans 1.580 communes sur les 35.000 que compte le territoire, suite à l'élection de nombreux conseils municipaux au premier tour la semaine dernière.

Les bureaux de vote fermeront à 19h00 ou à 20h00 dans certaines métropoles, laissant aux citoyens jusqu'à 18h00 pour se mobiliser. La participation, historiquement basse lors du premier tour (57%), pourrait donc rester stable au second, selon des estimations d'instituts de sondage comme Elabe, Ipsos-BVA et l'Ifop, qui prévoient un taux similaire, tandis qu'Opinionway table sur 57,5%.

À 17h00, le ministère de l'Intérieur a annoncé une participation de 48,10%, chiffre quasi identique à celui du premier tour à la même heure (48,90%).

À Lyon, Benjamin, un ingénieur de 35 ans, indique avoir voté dès le matin, affirmant que "dans le contexte actuel, il ne fallait pas prendre le risque de rester chez soi".

À Marseille, un assesseur a remarqué un afflux plus important de votants durant la première heure par rapport à la semaine dernière.

Les résultats devraient être annoncés après la fermeture des bureaux, mais le suspense pourrait perdurer tard dans la soirée dans certaines localités.

Des villes comme Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Toulouse révèlent une incertitude rare lors des élections municipales, marquées par une série d'alliances et de désistements inattendus durant la campagne.

- Alliances sous tensions à gauche -

Paris incarne cette réalité avec un duel saisissant entre Rachida Dati, candidate de droite, soutenue par le centre et les macronistes, et Emmanuel Grégoire, représentant de la gauche non LFI, qui a été au pouvoir durant 25 ans. Favori, Grégoire fait face à un revers avec le maintien d'une candidate Insoumise, Sophia Chikirou. La participation à Paris a diminué à 17h00, atteignant 40,98%, soit trois points de moins qu'au premier tour.

À Marseille, face aux bons scores du RN Franck Allisio, LFI s'est désistée et le candidat sortant de gauche, Benoît Payan, part avec un avantage.

Malgré les tensions entre Insoumis et socialistes, les deux plus grandes villes de France se distinguent des autres par leurs alliances. Alors que le PS a refusé un accord national avec LFI, ses sections locales s'engagent parfois dans des alliances après un premier tour où LFI a réalisé d'excellents résultats.

Le comportement des électeurs face à ces alliances controversées par d'autres partis et figures de la gauche socio-démocrate sera un indicateur clé de l'attractivité des Insoumis à l'approche de la présidentielle.

- Suspense à Lyon, divisions à Nice -

Les socialistes conjuguent souvent leurs forces avec LFI à l'échelon local, renouant ainsi des alliances à Nantes, Brest, Clermont-Ferrand, et Avignon. À Toulouse et Limoges, c'est même sous la bannière LFI que la gauche s'unit pour contrer la droite.

Les Insoumis lorgnent également sur Roubaix, après avoir remporté Saint-Denis lors du premier tour. Le PS espère conserver Lille grâce à une fusion avec Les Écologistes et s'emparer de Strasbourg.

Parmi les scrutins les plus serrés, Lyon attire particulièrement l'attention. Le sortant écologiste Grégory Doucet se trouve au coude à coude avec Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'Olympique lyonnais, soutenu par la droite et le centre.

À Bordeaux, la vague verte de 2020 pourrait laisser place à une rare conquête macroniste, si l'ex-ministre Thomas Cazenave parvient à évincer le sortant Pierre Hurmic.

Le Rassemblement national, bien que confirmant sa progression locale, garde le cap sur des villes comme Toulon, Nîmes et Carcassonne, tout en s'appuyant sur Eric Ciotti (UDR), ancien chef de LR favori à Nice, pour incarner l'union de la droite et de l'extrême droite dans cette course à la présidence.

Les clivages au sein du bloc central sont également révélateurs, à l'instar de Bruno Retailleau, président des Républicains, qui a refusé de soutenir Christian Estrosi (Horizons) malgré des accords établis.

Ce second tour pourrait également marquer un tournant pour certains candidats en vue de la présidentielle, comme Edouard Philippe, qui semble en bonne voie pour une victoire au Havre ce soir.

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