La Bourse de Paris évolue prudemment ce lundi, n'ayant pas reçu de signaux encourageants de désescalade concernant la guerre au Moyen-Orient, qui continue de faire bondir les prix du pétrole.
Aux alentours de 09H30, le CAC 40 affichait une stabilité précaire (-0,05%) à 7.696,21 points, en baisse de 6,75 points. Depuis le début de mars, l'indice phare de la Bourse parisienne a accusé une perte de plus de 10%.
"Les conflits au Moyen-Orient maintiennent les investisseurs en état d'alerte constante", souligne Matt Britzman, analyste en actions chez Hargreaves Lansdown.
Les attentes parmi les investisseurs évoquent désormais un choc énergétique qui ne se résoudra ni rapidement ni facilement, selon John Plassard de Cité Gestion Private Bank. Le conflit, amorcé il y a un mois par les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran, a vu ce dernier répondre avec des attaques sur plusieurs pays de la région, sans signe d'apaisement.
Ce matin, l'armée israélienne a annoncé avoir réagi à des tirs de missiles en provenance d'Iran. De son côté, le ministère saoudien de la Défense a rapporté l'interception de cinq missiles balistiques dirigés vers l'est du pays, sans préciser leur origine.
Les prix du pétrole continuent de s'envoler, exacerbés par la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, un point névralgique pour l'approvisionnement mondial en brut. Le West Texas Intermediate (WTI), référence du pétrole américain, a franchi la barre des 100 dollars, enregistrant une hausse de 1,94% à 101,57 dollars le baril, tandis que le Brent de la mer du Nord grimpait de 3,09% à 116,05 dollars, un bond sévère par rapport aux niveaux d'environ 60 dollars avant le début du conflit.
Les taux d'intérêt, déjà élevés, continuent leur ascension. "La hausse persistante des prix du pétrole alimente une inflation galopante dans l'économie mondiale", notent les analystes d'Investir.
En conséquence, les rendements des obligations souveraines atteignent des sommets, avec un rendement à dix ans en France atteignant 3,83%, du jamais vu depuis 2009, contre environ 3,20% avant le début des hostilités. Son homologue allemand se situait à 3,09%, le plus élevé depuis 2011.
La montée de l'inflation érode la valeur réelle des remboursements effectués par les emprunteurs aux créanciers, ceux-ci réclamant donc des rendements plus élevés pour garantir un investissement rentable. Les investisseurs anticipent également une politique monétaire des grandes banques centrales plus stricte, avec des possibles hausses des taux directeurs pour combattre cette inflation, ce qui affecte directement le coût de la dette des États.
D'autre part, le groupe Valeo a annoncé ce lundi le renouvellement du mandat de son président du conseil d'administration, Gilles Michel, qui se prolongera jusqu'en 2027, malgré une baisse de l'action (-1,12% à 10,11 euros).
"Le conseil d'administration a décidé de reconduire le mandat de Gilles Michel lors de la réunion qui se tiendra immédiatement après l'Assemblée, à condition qu'il soit reconduit en tant qu'administrateur", a précisé le groupe.







