Le tribunal de Meaux (Seine-et-Marne) a prononcé ce vendredi 3 avril des peines de prison ferme contre deux jeunes de 18 et 19 ans, reconnus coupables d'une dizaine de vols de Toyota RAV4, commis dans plusieurs départements comme la Seine-et-Marne, Paris, l’Oise et le Loir-et-Cher.
Yohan et Anis, malgré leur jeunesse, n’ont pas semblé impressionnés par les juges. En effet, leurs antécédents judiciaires témoignent déjà d’une carrière criminelle bien remplie. Le tribunal correctionnel de Meaux les a entendus suite à des faits survenus entre le 1er octobre et le 13 novembre 2025. Ces Toyota RAV4 figurent parmi les véhicules les plus volés en France. Une fois que les vitres sont brisées, les voleurs s'attaquent à la reprogrammation des voitures grâce à des dispositifs électroniques, avant de les faire sortir du pays. Ce modèle est particulièrement attractif sur le marché de l'occasion, atteignant souvent des prix dépassant les 30 000 euros.
Un travail « fastidieux et titanesque » centré sur la téléphonie
« Je reconnais certains des faits, mais je ne me rappelle plus lesquels. Il y en a trop », a déclaré Yanis lors de son procès. Il a toutefois précisé son rôle : placer des traqueurs sous les véhicules pour faciliter leur vol. De son côté, Yohan a avoué avoir été chauffeur durant ces opérations, avec une attitude qui frôle l’insolence. La présidente du tribunal, Emmanuelle Chrétien, a sarcastiquement fait remarquer : « Donc, tout le monde va sur place mais personne ne vole ? »
La demande du procureur Jean-Baptiste Bladier pour une peine de trois ans de prison avec amende de 1 000 euros et interdiction de séjour en Seine-et-Marne a été particulièrement sévère. Il a salué l’efficacité des enquêtes menées par la brigade de recherches de la gendarmerie de Meaux, qui ont nécessité un travail rigoureux, basé principalement sur des analyses téléphoniques. Actions qui démontrent une forte mobilité des voleurs à travers plusieurs communes comme Annet-sur-Marne et Bussy-Saint-Georges.
Bien que les vols matériels soient généralement punis moins sévèrement que les crimes violents, le procureur a demandé aux juges de prendre en compte l'impact sur les victimes : "Les gens travaillent dur pour acheter leur voiture. Quand elle est volée, c'est un véritable traumatisme." Le procureur a également souligné que les prévenus avaient fait le choix délibéré de vivre de la délinquance, impliquant directement la sécurité des citoyens.
Finalement, Yohan et Anis ont écopé de 30 mois de prison, dont 20 mois fermes, et d'une amende de 1 000 euros, en plus de voir précédentes condamnations révoquées. Une sentence qui rappelle l’importance de lutter contre la délinquance automobile en France.







