Marine Le Pen a été condamnée en appel, ce mardi, à trois ans de prison, dont un an ferme aménageable sous bracelet électronique, ainsi qu'à 45 mois d’inéligibilité dont 30 avec sursis. Cette sanction, liée à l'affaire des assistants parlementaires du Front national (désormais RN), soulève des questions inédites concernant sa candidature aux élections présidentielles des 18 avril et 2 mai prochains.
D’après l'analyse de Benjamin Morel, constitutionnaliste et politologue à l’Université Paris II Panthéon-Assas, rien n'empêche légalement le leader du RN de se présenter. En effet, bien qu'elle soit condamnée à une inéligibilité, elle a déjà purgé la partie ferme de sa peine lors de sa première condamnation. Cela signifie qu'elle peut légalement se porter candidate sans perdre son statut de députée.
Le véritable enjeu réside dans l’impact du port du bracelet électronique sur sa campagne. Le Pen avait déclaré qu'elle ne ferait pas campagne sous cette contrainte, ce qui pourrait susciter des critiques. Les experts s'interrogent également sur les implications pratiques liées à cette décision, notamment les restrictions qui pourraient lui être imposées par le juge des peines.
« Le casier judiciaire ne devrait pas affecter son image auprès de ses électeurs », explique Benjamin Morel. « Toutefois, ses opposants en feront un argument contre elle. »
Concernant la possibilité d'un pourvoi en cassation, prévu dans les dix jours suivant le jugement, les observateurs restent prudents. Cela pourrait conduire à une suspension indéterminée de sa campagne. Des sources médiatiques comme Midi Libre ont déjà évoqué ces implications, notant que les délais et décisions judiciaires pourraient semer la confusion parmi les électeurs, incitant Le Pen à peser soigneusement sa décision.
Pour l'instant, les conséquences de cette affaire ne sont pas entièrement prévisibles. Tandis que certains électeurs pourraient voir au-delà de son casier judiciaire, d'autres pourraient hésiter à soutenir une candidate aux prises avec des controverses juridiques. Si Le Pen décide de se présenter, elle pourrait également affronter une pression supplémentaire sur son entourage, qui devra justifier cette décision.
En fin de compte, la responsabilité de sa candidature repose désormais entièrement sur ses épaules. Ce choix défiera non seulement sa propre fortune politique mais aussi l’avenir du RN sur la scène nationale.







