Steeve Rouyar, expert-comptable de 44 ans et natif de Guadeloupe, a été libéré ce jeudi matin après six mois de détention au Togo. Arrêté en juin dernier à Lomé, il était accusé d'atteinte à la sûreté de l'État lors d'une manifestation contre la nouvelle Constitution. Selon le ministère français des Affaires étrangères, sa libération fait suite à une décision de la justice togolaise, dans un contexte de grâce présidentielle accordée récemment par le président Faure Gnassingbé.
Rouyar a été interpellé lors d’une rare contestation populaire, alors que des centaines de jeunes Togolais s’élevaient contre des augmentations de prix et un pouvoir jugé oppressif. Les manifestants réclamaient également l'abrogation d'une nouvelle Constitution, qui permettrait un prolongement indéfini des mandats présidentiels de Gnassingbé, au pouvoir depuis deux décennies.
Le Parquet de Lomé avait fait état de l'arrestation d'une cinquantaine de participants à cette manifestation, soulignant l'ampleur des tensions politiques au Togo. À l'approche de la fin de l'année, le président a annoncé la grâce de 1 511 prisonniers, une pratique courante dans le pays. Les experts et analistes appellent à décoder cette libération, qui pourrait être perçue comme un geste positif, mais également comme un moyen de contrôler l’opinion publique dans un pays où les droits de l'homme sont souvent au centre des débats.
Steeve Rouyar est désormais de retour en France, là où son histoire a suscité des préoccupations au sein de la communauté française et au-delà, à l'instar des articles publiés par Midi Libre et d'autres sources médiatiques. Alors que la situation politique au Togo demeure volatile, la libération de Rouyar invite à réfléchir aux dynamiques de pouvoir en place et aux défis à relever en matière de droits humains.







