La nouvelle campagne de prélèvements ADN dans l'enquête concernant la tragique mort du petit Émile pourrait se révéler déterminante. Des dizaines de résidents et de visiteurs ayant séjourné en Auvergne au moment des faits seront appelés à fournir des échantillons génétiques. L'objectif est de confronter leurs profils avec des traces d'ADN mystérieuses découvertes sur les restes de l'enfant.
Sur le terrain, plusieurs personnes ont déjà été entendues, participant ainsi à avancement de l'enquête sur la mort du petit Emile. Un habitant du Haut-Vernay a rapporté avoir été convoqué à la gendarmerie de Digne l'automne dernier afin d'apporter des précisions sur son témoignage, suivi d'un prélèvement ADN salivant de sa part.
Il est important de noter que d'autres résidents affirment ne pas avoir reçu d'avis de convocation, laissant planer le doute sur de possibles futures inclusions. Les enquêteurs ne cibleraient pas tous les habitants du village, mais plutôt ceux qui ont interagi, de près ou de loin, avec la situation : voisins, visiteurs de passage à l'époque des faits, voire ceux ayant pris contact avec les autorités. Il est probable que ces individus soient appelés à se rendre dans la gendarmerie la plus proche.
D'histoires individuelles émergent, comme celle de l'ensemble de la famille du petit Émile et de Sadia, la randonneuse qui a découvert le crâne de l'enfant le 30 mars 2024 dans les environs d'un chemin près du hameau.
Empreintes digitales et prélèvement buccal sur la randonneuse
Au micro de RTL, Sadia a partagé son expérience d'audition. "J'ai été interrogée. À la fin, des empreintes digitales ont été prises, suivies d’un prélèvement buccal, un coton-tige a été utilisé pour cela", a-t-elle raconté. Comme de nombreux villageois, elle espère qu' cette campagne de prélèvements contribuera à faire progresser les investigations, près de trois ans après la disparition inquiétante du petit garçon.
Une technique fréquente dans les enquêtes criminelles
Dans une interview accordée à RTL Midi, François Daoust, directeur de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale, a expliqué que le recours intensif à l’ADN n'était pas une pratique inédite. "Cette méthode est courante dans le cadre des enquêtes. Le recours à des prélèvements massifs est fréquent", a-t-il précisé.
Il a cité l'affaire Kulik, dans la Somme, où plus de 3 000 prélèvements avaient été réalisés entre 2002 et 2011. Bien que la résolution finale du dossier ait suivi un chemin différent, utilisant l’ADN de parentèle, ces démarches offrent deux atouts majeurs : exclure certaines pistes et apaiser un climat de suspicion lourd au sein d’une communauté.
François Daoust a également évoqué le fameux cas de Colleen Pitchfork en 1986 au Royaume-Uni, qui a marqué les débuts de l’utilisation décisive de l’ADN dans les enquêtes criminelles. À l’époque, 5 500 hommes avaient été testés après les crimes horribles commis sur deux adolescentes. Le coupable, tentant d'éluder le dépistage, a été finalement dénoncé par une personne. "Cela fonctionne, il ne faut pas négliger cette option", a-t-il insisté, tout en rappelant que toutes les pistes demeurent ouvertes, adressant ainsi un message aux magistrats en charge du dossier.







