Le 15 mars, jour des élections municipales, pourrait marquer un tournant pour trois villages des Hautes-Pyrénées : Ayzac-Ost, Villenave-près-Marsac et Artalens-Souin. En effet, faute de prétendants à la mairie, ces localités pourraient faire face à un avenir incertain et envisager un rapprochement, voire une fusion, avec des communes voisines si aucune candidature n'est enregistrée au terme d'une période de trois mois.
À Artalens-Souin, Andrée Dulout-Gleize, la maire sortante de 72 ans, a annoncé son retrait après trois mandats. Dans une déclaration partagée avec France Bleu, elle a exprimé sa préoccupation : “Nous sommes plusieurs dans la tranche des 70 ans et avons décidé de céder la place. Des jeunes ont tenté de se mobiliser, mais le véritable souci reste le même : personne ne souhaite s'engager comme tête de liste.”
La maire sortante regrette que les jeunes, selon elle, privilégient leurs loisirs à un engagement civique : “Je suis déçue, car j’aurais aimé que cette énergie se transforme en une réelle volonté de servir notre commune.” De nombreux habitants partagent son inquiétude et craignent que le manque de candidats mette en péril l’identité de leur village.
Une mise sous tutelle provisoire en perspective
En l'absence de liste déposée dans les délais impartis, le préfet des Hautes-Pyrénées n'hésitera pas à instaurer une délégation spéciale qui sera chargée de gérer les affaires courantes. Au cours de cette phase transitoire de trois mois, il sera essentiel qu'une nouvelle équipe émerge pour éviter l'éventualité d'un rattachement à une autre commune.
Les discussions autour de cette situation ont déjà commencé, avec des réunions publiques initiées pour susciter des candidatures. “Si aucune liste ne se constitue, nous serons rattachés à une autre commune, mais laquelle ? Cela dépendra du préfet,” martèle Andrée Dulout-Gleize, qui redoute cette perspective. Pour elle, il s'agit d'une situation pénible, notamment après des années d'engagement pour le bien de sa commune. L’avenir des trois villages est désormais suspendu à la capacité de leurs citoyens à se mobiliser pour la démocratie locale.







